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La France entame son retour dans l'Otan à Bucarest
Nicolas Sarkozy annonce l'envoi de troupes françaises supplémentaires en Afghanistan le 26 mars 2008 à Londres (© AFP - Edmond Terakopian)
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PARIS (AFP) - Nicolas Sarkozy va amorcer au sommet de l'Otan à Bucarest l'opération qui doit aboutir au grand retour de Paris dans l'Alliance atlantique en offrant de renforcer la présence militaire française en Afghanistan, un virage stratégique controversé dans son pays.
Depuis son arrivée à l'Elysée il y a près d'un an, le président n'a jamais caché son intention de faire revenir la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan, dont le général De Gaulle avait claqué la porte en 1966 par refus de la suprématie américaine.

Sous l'impulsion de Jacques Chirac à la fin des années 1990, les relations entre Paris et l'Alliance atlantique se sont nettement réchauffées. Les officiers français participent à nouveau à ses principales réunions et un de ses généraux commande ses troupes engagées au Kosovo.

Même si l'éventuelle réintégration complète de la France dans l'Otan serait donc largement symbolique, Nicolas Sarkozy y a posé deux conditions.

D'abord la relance de l'initiative d'Europe de la défense, enlisée depuis sa naissance au sommet franco-britannique de Saint-Malo il y a dix ans. Ensuite l'octroi d'une meilleure place pour les Français au sein de l'appareil atlantique. "Sans avancée sur ces deux préalables, il n'y aura pas de réintégration", avait-il prévenu en septembre.

Quelques mois de discussions plus tard, la France juge avoir suffisamment progressé pour lancer à Bucarest une nouvelle étape de son rapprochement, à la veille de prendre les rênes de l'Union européenne (UE).

Principale voix au sein de l'Otan, les Etats-Unis semblent s'être ralliés au plan de "Sarko l'Américain", dont l'arrivée à l'Elysée a définitivement tourné la page de la brouille née de la guerre en Irak.

"Dans cette ville, nous avons un président (français) qui se prépare à user de sa présidence de l'UE pour renforcer la défense et ramener la France dans une Otan rénovée", se félicitait ainsi en février à Paris l'ambassadrice américaine auprès de l'Otan Victoria Nuland.

La tâche du président français s'annonce plus difficile pour convaincre la Grande-Bretagne, qui voit d'un mauvais oeil un renforcement des compétences militaires de l'UE, et l'Allemagne, peu encline à mettre son effort budgétaire de défense au niveau de celui de Paris et Londres.

Premier frémissement, Gordon Brown s'est engagée jeudi, lors du sommet franco-britannique, à "oeuvrer à la modernisation de l'Otan" et au "renforcement de la coopération UE-Otan".

Pour enlever l'adhésion de ses partenaires, le président français n'a pas hésité à garnir largement la corbeille du remariage de la France avec l'Otan. Depuis Londres, celui qui déclarait avant son élection que la France n'avait "pas vocation à rester en Afghanistan" a annoncé qu'il proposerait, à Bucarest, d'y envoyer des renforts militaires.

Selon des sources militaires à Paris et Bruxelles, cet effort, longtemps espéré par l'Otan, devrait se chiffrer à un bataillon d'un millier d'hommes, accompagné de 100 à 200 hommes des forces spéciales.

Saluée comme "très positive" par la Maison Blanche, la décision de Nicolas Sarkozy a par contre suscité une levée de bouclier en France, où de nombreuses voix l'ont accusé de précipiter la France dans une guerre menacée d'enlisement à la seule fin de satisfaire l'axe Washington-Londres.

Sur le fond, la gauche a critiqué une décision "dangereuse" ou "inutile", certains députés de droite fustigé "l'alignement atlantiste" du président. Et sur la forme, de nombreux élus, y compris dans le camp du président, ont déploré de ne pas avoir été consultés.

Face à la fronde, le gouvernement a été contraint d'organiser un débat parlementaire, prévu mardi, mais sans vote. De toutes façons, cet exercice imposé ne devrait pas faire varier Nicolas Sarkozy dans ses convictions. "La défaite nous est interdite", a-t-il martelé depuis Londres.

Publié le: 01/04/2008 à 11:41:41 GMT Source : AFP
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