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Dossiers » L'affaire des infirmières bulgares Dossiers » L'affaire des infirmières bulgares
Le Fonds Benghazi, instrument pour régler l'affaire en Libye
Des Libyennes brandissent des portraits d'enfants infectés par le virus du sida devant le tribunal de Tripoli, le 19 décembre 2006 (© AFP/Archives - Mahmud Turkia)
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SOFIA (AFP) - Le Fonds spécial Benghazi d'aide aux enfants victimes du sida en Libye, créé en décembre 2005, a aidé à trouver une solution à l'affaire des six soignants bulgares, dont la peine de mort vient d'être commuée, mais son financement reste encore nébuleux.
L'Union européenne a bien contribué pour au moins 2,5 millions d'euros à ce fonds en modernisant l'hôpital de Benghazi (nord) où s'est déclenchée l'épidémie à la fin des années 1990.

Mais elle a souligné mercredi qu'elle ne participait nullement aux dédommagements généreux, un million de dollars par victime, accordés via la "Fondation Kadhafi" aux 460 familles concernées. "C'est de l'argent libyen", a déclaré la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

Le mystère régne sur l'origine de cet argent, car 129 millions d'euros à peine avaient été accumulés jusqu'à récemment dans le Fonds Benghazi, selon une source informée à Sofia.

Les sommes versées aux familles libyennes afin qu'elles renoncent à demander la mort sont en tout cas passées in fine par le Fonds spécial de Benghazi, a confirmé mercredi à l'AFP le président de son conseil d'administration Marc Pirenni, également représentant de Benita Ferrero-Waldner.

Il n'a pas souhaité divulguer la provenance des contributions, en insistant sur "l'aspect médical" de l'affaire.

Une source de la Fondation Kadhafi avait affirmé à l'AFP que les compensations versées par le Fonds de Benghazi provenaient de la Libye, de l'UE et des Etats-Unis.

A côté de la Libye, des Etats-Unis et de la Commission européenne, des Etats membres comme la France, l'Italie, le Royaume-Uni, Malte, contribuent au Fonds spécial et fournissent aussi une assistance médicale aux enfants, selon le Quai d'Orsay à Paris. La Bulgarie y est représentée par une ONG.

A sa création, ce fonds s'est posé l'objectif "d'assurer des soins médicaux permanents pour les patients contaminés (...), contribuer à la mise aux normes internationales de l'hôpital de Benghazi et fournir une aide financière aux familles des enfants malades et décédés".

La fondation caritative Kadhafi du fils aîné du leader libyen, Seif al-Islam, a négocié avec les familles des victimes le montant des dédommagements, contrepartie pour les amener à renoncer à leur demande d'application de la peine de mort.

Le gouvernement bulgare n'a annoncé aucune contribution à ce fonds jusqu'à présent, en excluant l'idée de rançon, car pour lui les cinq infirmières bulgares et le médecin bulgare d'origine palestinienne sont innocents.

Cependant, le ministre des Affaires étrangères Ivaïlo Kalfine a déclaré mardi que son pays "envisagerait une forme de participation". Il a refusé d'indiquer à ce stade si Sofia pourrait renoncer à la dette libyenne estimée à environ 400 millions de dollars (290 M EUR).

Selon une source européenne à Bruxelles, le paiement de dédommagements aux familles n'est en tout cas "pas lié à des allègements de la dette de la Libye, parce qu'aucun allègement n'a été annoncé et que les fonds ont déjà été versés".

Publié le: 18/07/2007 à 17:10:47 GMT Source : AFP
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