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Le FMI retrouve sa légitimité avec les appels à l'aide venus du monde entier
Les bâtiments du Fonds Monétaire International (d.) et de la Banque Mondiale à Washington le 10 octobre 2008 (© AFP - Tim Sloan)
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WASHINGTON (AFP) - Le Fonds monétaire international, menacé d'obsolescence lorsque la croissance mondiale était forte et le secteur financier florissant, a retrouvé une légitimité avec la crise, alors que s'accroît le nombre de pays sollicitant son aide.
Islande, Ukraine, Pakistan, Bélarus, Hongrie: la liste des candidats à des prêts du FMI s'est brusquement allongée en octobre. Elle n'avait pas été aussi fournie depuis la crise asiatique de 1997.

Ces dernières années, le FMI a eu relativement peu besoin de prêter: l'encours des crédits ouverts à ses 185 Etats membres est tombé de 80,5 milliards d'euros en 1998 à 10,5 milliards en 2007, alors que nombre de pays bénéficiaires, à l'image de l'Argentine ou du Brésil, faisaient tout pour rembourser l'organisation par anticipation.

Sur les neuf premiers mois de 2008, l'encours est remonté à 12,6 milliards d'euros.

"Assurément, le FMI reste le meilleur endroit au monde pour obtenir un prêt quand un Etat a besoin d'argent", souligne Arvind Subramanian, économiste au Peterson Institute et membre du Center for Global Development.

Les économies en question font toutes face à un même problème: une montée brusque et généralisée des taux d'intérêt sur les marchés mondiaux, et des attaques contre leurs monnaies, aboutissant à un déséquilibre brutal de leur balance des paiements.

Mais elles sont très différentes par nature. Aux extrêmes, le Pakistan, pays pauvre, avec un Etat fragile en butte à des violences, et dont la dette est vue comme un investissement à haut risque, n'a rien à voir avec l'Islande, pays développé dont le miracle économique basé sur un secteur financier hypertrophié a tourné à la débâcle.

Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, affirme que le Fonds a "les ressources lui donnant la capacité de soutenir les besoins de ses Etats-membres".

Mais il reste très discret dans ses négociations. Aucun accord de prêt en vue n'a été rendu public depuis celui de 750 millions de dollars à la Géorgie en septembre, et qui répondait à l'entrée des forces russes sur son territoire.

Les prêts du FMI s'accompagnent de conditions strictes, qui visent à préserver le caractère exceptionnel de toute mesure d'aide.

Ainsi, en 1997, les pays asiatiques que le Fonds avait aidés en urgence (Philippines, Thaïlande, Indonésie et Corée du sud) avaient dû renoncer à leur projet de nationaliser en partie leur système bancaire. Exactement la même mesure que le FMI a préconisée récemment aux Etats-Unis et en Europe.

"Tout le monde apprend de ses erreurs passées. Je pense que le FMI, qui a été un peu dogmatique lors de la crise asiatique, l'est moins aujourd'hui. Il va probablement se montrer beaucoup plus ouvert à ce que les gouvernements comptent faire pour redresser la situation particulière de leur pays", selon M. Subramanian.

Il devrait malgré tout inciter les pays en difficulté à relever leurs taux d'intérêt, comme a été contrainte de le faire mercredi la banque centrale hongroise (MNB) en faisant passer son taux directeur de 8,5% à 11,5%.

En plaidant le 13 octobre pour des plans de relance dans les pays "qui peuvent se le permettre", M. Strauss-Kahn a prévenu que d'autres devraient "relever leurs taux d'intérêt dans le but d'augmenter les primes de risque pour enrayer les fuites de capitaux et stimuler la confiance dans leur monnaie".

"Quand votre monnaie est attaquée, il faut faire très attention à ne pas augmenter la panique", confirme M. Subramanian.

Publié le: 23/10/2008 à 17:11:54 GMT Source : AFP
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