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Femmes: Violences et discriminations mais aussi des progrès
PARIS (AFP) - La lutte contre les violences, discriminations et inégalités a dominé mercredi dans le monde la Journée internationale des femmes, mais l'arrivée récente au pouvoir de deux femmes, en Afrique et en Allemagne, a illustré la réalisation de quelques progrès.
Le monde est prêt à voir une femme à la tête des Nations unies, a lancé le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, dont le mandat s'achève à la fin de l'année.

M. Annan s'est félicité des succès électoraux remportés par les femmes à travers le monde. Lors de récents scrutins, "les femmes ont fait un bond en avant en accroissant leur représentation de plus de 30%. Il y a actuellement 11 femmes chefs d'Etat ou de gouvernement, sur tous les continents, et trois pays --le Chili, l'Espagne et la Suède-- ont atteint la parité dans leurs gouvernements", a0-t-il dit.

L'arrivée au pouvoir d'une femme en Allemagne et au Liberia constitue une première dans ces deux pays.

Du Pakistan à l'Irak en passant par la Pologne, viols, enlèvements et prostitution ont été dénoncés à l'occasion de cette journée.

[>photo1<]Au Pakistan, Mukhtar Mai, victime d'un viol collectif par vengeance et symbole de la lutte des femmes, a conduit une manifestation de 3.000 personnes, dont 500 hommes, dans la ville très conservatrice de Multan.

"C'est une journée capitale car elle réunit pour la première fois des hommes et des femmes dans une région fortement marquée par la discrimination et la cruauté envers les femmes", a dit Mukhtar Mai, 33 ans, violée en 2002 sur les ordres d'un conseil tribal pour venger une supposée relation de son frère.

En Afghanistan, le président Hamid Karzai a ordonné la libération d'un quart des 110 prisonnières détenues. Les femmes risquent la prison en cas d'adultère ou pour avoir tenté d'échapper à un mariage forcé.

En Inde, des défenseurs des femmes estiment que des milliers de cas de viols ne sont pas dénoncés par crainte de discrimination sociale. Selon les chiffres officiels, il y a eu plus de 16.000 viols en 2002.

[>photo2<]

En Irak, où les violences aveugles sont quotidiennes, on a appris qu'au moins deux mille femmes avaient été enlevées en trois ans depuis la chute de Saddam Hussein. Certaines ont été vendues, a affirmé l'association "Liberté pour la femme".

Au Japon, plus de 10.000 personnes avaient manifesté mardi à Tokyo contre un projet de réforme permettant à une femme de devenir impératrice.

En Chine, les femmes ont bénéficié d'une demi-journée de congé mais malgré les règles destinées à promouvoir la parité en politique, elles sont toujours largement écartées du pouvoir.

En Europe, la chancelière allemande a invité ses consoeurs "à ne pas relâcher leurs efforts dans la lutte contre les discriminations dont elles font l'objet dans certaines parties du monde". Au pouvoir depuis novembre, Angela Merkel assure que le fait d'être une femme à la tête du gouvernement n'a eu jusqu'ici que des avantages.

Mais en Espagne, où l'on trouve pourtant un des rares gouvernements du monde à pratiquer la parité, 85% de la population estime que les femmes subissent des discriminations au travail, selon un sondage.

En Italie aussi, le président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, a reconnu que fortes inégalités subsistaient entre les sexes.

En Pologne, une ONG a dressé un tableau encore plus sombre en déclarant que 10.000 Polonaises étaient victimes chaque année de réseaux de prostitution forcée dans les pays riches de l'Union européenne.

En France, la dirigeante socialiste Ségolène Royal a jugé possible l'élection pour la première fois d'une femme à la présidence l'an prochain. Très populaire dans les sondages, elle a ajouté que "l'opinion publique était très en avance par rapport à certains responsables" politiques.

Le premier ministre Dominique de Villepin a de son coté déjeuné avec des membres d'une association de femmes victimes de la violence.

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Le président Jacques Chirac accueillait mercredi en invitée d'honneur à l'occasion de la journée des femmes la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf.

Première femme à la tête d'un pays africain depuis son élection l'an dernier, Mme Sirleaf a regretté que "le monde ait toujours du mal aujourd'hui à déterminer le vrai rôle et la contribution des femmes au développement en termes économiques".

Pour sa part, Ségolène Royal, personnalité socialiste préférée des Français selon les sondages, a jugé mercredi "possible" l'élection d'une femme à la présidence en 2007, ajoutant que "l'opinion publique est très en avance par rapport à certains responsables" politiques.

En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a gracié 152 détenues pour leur permettre de réintégrer la société et leur familles.

En Jordanie, l'agence de presse Petra et deux journaux ont nommé des femmes rédactrices en chef -- pour la journée seulement.

Publié le: 08/03/2006 à 19:17:55 GMT Source : AFP
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