| Face à l'Iran, Bush garde le cap sur la diplomatie |
| WASHINGTON (AFP) - George W. Bush garde le cap sur une démarche diplomatique devant associer la communauté internationale dans un "front uni" face à l'Iran, alors que l'AIEA a affirmé vendredi que Téhéran n'avait pas suspendu l'enrichissement d'uranium à la date butoir fixée par l'Onu. |
"Le désir de l'Iran d'avoir une arme nucléaire est à mon avis dangereux. Le processus diplomatique ne fait que commencer", a déclaré M. Bush.
"J'ai dit au peuple américain que la diplomatie était mon premier choix, et cela devrait être le premier choix de tout président", a également déclaré M. Bush, selon lequel "il y a des différences significatives entre l'Irak (à la veille de l'invasion de 2003) et l'Iran".
L'Iran n'a pas suspendu l'enrichissement d'uranium à la date butoir du 28 avril fixée par l'Onu, selon un rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique remis vendredi au Conseil de sécurité de l'Onu.
Dans son rapport, le directeur général de l'agence de sûreté nucléaire des Nations unies, Mohamed ElBaradei, a également conclu que la République islamique ne coopérait pas entièrement avec les inspecteurs de l'AIEA pour déterminer si son programme nucléaire était pacifique ou à vocation militaire.
Interrogé sur un éventuel épuisement de la diplomatie, alors que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a menacé de "changer totalement sa manière de coopérer" avec l'AIEA, M. Bush a répondu: "Non, je crois que les options diplomatiques ne font que commencer".
Pour le président américain, le rapport de l'AIEA "devrait rappeler aux Iraniens que le monde est uni, et inquiet de leur désir non seulement d'avoir une arme nucléaire, mais une capacité de faire une arme nucléaire ou le savoir-faire pour une arme nucléaire".
"Je vais continuer à consulter nos alliés", a-t-il promis, indiquant qu'il entendait discuter, lors de ses entretiens avec la chancelière allemande Angela Merkel la semaine prochaine, "de la façon de maintenir un front uni" face à Téhéran.
A l'Onu, l'ambassadeur américain John Bolton a annoncé qu'il pousserait à l'adoption rapide par le Conseil de sécurité d'une résolution qui obligerait légalement l'Iran à geler l'enrichissement d'uranium.
"Les Etats-Unis sont prêts à agir au sein du Conseil de sécurité en faveur d'une résolution sous le Chapitre VII qui contraindra l'Iran à se soumettre aux résolutions de l'AIEA", a déclaré M. Bolton.
Le chapitre VII de la charte de l'Onu, invoqué dans les cas de menaces à la paix et à la sécurité internationale, peut éventuellement ouvrir la porte à des sanctions, voire en tout dernier ressort à une action militaire.
La résolution en préparation sur l'Iran ne fera cependant pas référence dans l'immédiat à des sanctions.
Au Congrès, la majorité républicaine pousse pourtant à la fermeté.
"Il est clair qu'on ne peut pas faire confiance à l'Iran pour négocier de bonne foi ou respecter les engagements passés", a estimé le chef des républicains au Sénat Bill Frist, pour qui "il est temps que le Conseil de sécurité de l'Onu agisse fermement, y compris avec des sanctions diplomatiques et économiques si nécessaire".
M. Frist appelle également "la Russie et la Chine à mettre de côté leurs intérêts commerciaux et stratégiques dans ce dossier", alors que la Chine a indiqué vendredi qu'elle était réticente à recourir au chapitre VII.
"La première chose à faire pour être efficace, c'est se mettre d'accord sur le but", a déclaré M. Bush. "Nous sommes d'accord sur le but, qui est que les Iraniens ne doivent pas avoir l'arme nucléaire (...), et maintenant nous travaillons sur la tactique - et le rapport de l'AIEA doit nous rappeler à tous que l'intransigeance du gouvernement iranien n'est pas acceptable", a-t-il souligné.
|
| Publié le: 28/04/2006 à 17:32:30 GMT |
Source : AFP |
|
|