| Les Européens espèrent des relations plus détendues avec Medvedev |
| BRUXELLES (AFP) - Après l'élection sans surprise de Dmitri Medvedev à la présidence russe, les Européens espèrent une amélioration de leurs relations avec la Russie, qui se sont franchement refroidies sous Vladimir Poutine. |
Témoin de leur volonté de "détente", les dirigeants européens ont peu critiqué la façon dont Medvedev a été élu dimanche, bien que la seule mission d'observateurs occidentaux, relevant de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, ait estimé que le scrutin n'avait été ni "juste" ni "libre".
La chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le président français Nicolas Sarkozy comme le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont "félicité" le président élu, qui doit prendre ses fonctions le 7 mai et nommer Vladimir Poutine au poste de Premier ministre.
M. Barroso a espéré que sous M. Medvedev, la Russie et l'UE "consolideraient et développeraient leur partenariat stratégique". Un partenariat "fondé non seulement sur leurs intérêts communs mais aussi sur le respect des valeurs sur lesquelles nous nous engageons tous les deux", a-t-il ajouté.
Bouclier antimissile américain en Europe de l'Est, inquiétude des Européens sur l'utilisation par Moscou de ses hydrocarbures comme instrument de pression, divergences sur le Kosovo: les relations entre les Européens et un Poutine perçu comme de plus en plus revendicateur s'étaient détériorées depuis deux ans.
Un refroidissement illustré par le blocage depuis l'automne 2006 de négociations sur un nouvel accord de partenariat "stratégique" UE-Russie, en raison d'un veto de la Pologne.
Les Européens espèrent néanmoins que la reprise récente du dialogue entre Varsovie et Moscou permettra de relancer ces négociations au cours du sommet UE-Russie des 26 et 27 juin prochains en Sibérie. Ils en attendent notamment plus de transparence et de réciprocité de Moscou dans l'énergie.
Le gouvernement britannique, dont les relations avec Moscou sont particulièrement tendues depuis l'assassinat de l'ex-agent russe Alexandre Litvinenko, a espéré lundi "une plus grande coopération russe sur un certain nombre de questions", mais averti qu'il jugerait M. Medvedev "sur ses actes".
Le chef de la diplomatie italienne Massimo D'Alema a appelé à "un retour au dialogue et à la coopération avec la Russie".
Son homologue estonien, dont le gouvernement a connu une crise avec Moscou en 2007 après avoir déplacé du centre de Tallinn un mémorial à la gloire des soldats soviétiques, a estimé que l'élection offrait "une nouvelle chance" de "dialogue constructif" avec le Kremlin.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé que la France et surtout l'UE n'avaient pas encore "trouvé le bon langage" avec la Russie, qui doit, selon lui, à nouveau "occuper la place qui lui revient" dans le concert des nations.
Reste à savoir si de tels appels annoncent de la part des Européens une politique cohérente envers la Russie, qui depuis l'élargissement de l'UE à l'Est en 2004 est devenue sujet polémique: des pays comme la France, l'Allemagne ou l'Italie prônaient une coopération étroite avec Moscou face à d'ex-satellites soviétiques comme la Lituanie ou la Pologne très méfiants de leur grand voisin russe.
The European Council on Foreign Relations, institut de réflexion qui se trouve à Londres, appelait dès jeudi les dirigeants européens à développer une stratégie commune face à la Russie, en évitant de se précipiter pour établir des relations personnelles avec M. Medvedev comme ils l'avaient fait en 2000 avec M. Poutine.
La cohérence des Européens pourrait être rapidement mise à l'épreuve. Mme Merkel a souhaité avoir "dès que possible" un entretien personnel avec M. Medvedev, et pourrait, selon la presse, se rendre à Moscou dès samedi.
Et M. Sarkozy l'a invité à venir en France "dès qu'il le souhaitera" après sa prise de fonctions.
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| Publié le: 03/03/2008 à 16:33:33 GMT |
Source : AFP |
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