| Etats-Unis: les démocrates vont essayer leurs recettes face aux maux de l'économie |
| WASHINGTON (AFP) - Forts de leur percée aux élections parlementaires, les démocrates américains devraient lancer rapidement des offensives sur le salaire minimum ou l'assurance santé, estiment les analystes. |
Les démocrates ont largement regagné le contrôle de la Chambre des représentants et étaient au coude à coude mercredi avec les républicains pour celui du Sénat.
L'Irak et l'impopularité de président Bush ont largement pesé mais selon les économistes, les Américains ont aussi exprimé leur frustration sur leur situation de tous les jours.
"Les électeurs ont fait passer le message qu'en dépit du faible taux de chômage, ils étaient plutôt mécontents de l'économie, à propos des coûts d'assurance santé, des coûts de l'énergie, des délocalisations d'emplois", estime John Lonski de Moody's Investors Service.
Comme le soulignait à la veille des élections la responsable de la Réserve fédérale de San Francisco, Janet Yellen, au cours des 30 dernières années "la plus grande part de l'excellente performance de l'économie est allée à un petit segment seulement de la population, celui qui est déjà en haut de l'échelle".
Les analystes s'attendent à ce que les démocrates s'attaquent avec leurs remèdes à cette situation.
"La première chose qu'ils feront sera d'augmenter le salaire minimum", estime Andrew Busch de BMO Capital Markets.
Le salaire horaire minimum est fixé à 5,15 dollars au niveau fédéral depuis 1997, et l'opposition démocrate avait fait de sa revalorisation l'une de ses principales promesses de campagne.
En marge des élections, six Etats devaient d'ailleurs se prononcer sur une hausse du salaire minimum et tous l'ont approuvée.
Les démocrates vont sans doute aussi s'attaquer à la politique de l'immigration, sujet très sensible alors que les Etats-Unis se sont lancés dans la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique.
Mais "c'est un sujet délicat parce que les opinions des uns et des autres transcendent le clivage politique", estime Chuck Berwick de Goldman Sachs.
Selon lui, l'un des sujets les plus ardus sera le programme de baisses d'impôts de George W. Bush, qui arrive à expiration en 2010. Les démocrates y sont très hostiles parce qu'il favorise surtout les riches à leur avis, mais le président a un droit de veto qui rendra toute action difficile.
De plus, "les démocrates ne voudront pas se suicider politiquement avant les élections présidentielles de 2008 en relevant les impôts", estime Nigel Gault de Global Insight.
La santé devrait également être tout en haut de leur agenda, alors que 46 millions d'Américains n'ont aucune assurance maladie et que les coûts ne cessent d'augmenter. Hillary Clinton avait proposé en vain un système de couverture universelle lorsque son mari était président et peut-être cette idée ressurgira-t-elle.
Les entreprises s'attendent aussi à un durcissement de la réglementation, avec certains secteurs annoncés comme les grands perdants des élections: pharmacie, tabac, armement, pétrole...
En revanche, les fabricants de médicaments génériques et la défense de l'environnement devraient sortir gagnants de l'élection.
"Le Congrès va essayer de réduire notre dépendance aux importations de pétrole en promouvant les énergies renouvelables tel que le vent. Je m'attends aussi à une extension des incitations fiscales pour les énergies vertes", estime Bob Froehlich de DWS Scudder.
Les analystes soulignent toutefois que, du fait de la cohabitation avec un président républicain, "les démocrates n'auront pas une marge assez large" pour imposer un texte contesté voire contrer un veto présidentiel.
Et si le Sénat reste aux mains des républicains, le casse-tête sera encore plus grand.
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| Publié le: 08/11/2006 à 16:36:31 GMT |
Source : AFP |
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