| Erika: le procès des "pratiques complaisantes du monde maritime" |
| BREST (AFP) - Les parties civiles devront être solidaires au procès de l'Erika face à une défense qui "tentera de brouiller la notion de responsabilité", estime Jacques Mangold, directeur de Vigipol, le syndicat mixte de protection du littoral qui rassemble 98 communes et les départements des Côtes d'Armor et du Finistère. |
Q: Comment Vigipol aborde-t-il ce procès?
R: L'expertise et l'intersection du droit national et international seront au coeur de l'argumentaire des avocats de la défense avec l'objectif de brouiller la notion de responsabilité en la +complexifiant+ pour instiller ainsi le doute. Notre rôle sera de contribuer à la clarification des droits et des devoirs de chacun des opérateurs du transport maritime.
Depuis 2002, Vigipol a agi en justice dans 39 affaires de pollution marine. Nous en avons tiré des enseignements et une pratique que nous nous efforçons de faire partager aux autres parties civiles.
A la solidarité dont feront preuve les victimes entre-elles, le camp adverse opposera la puissance de ses moyens humains et financiers.
Q: Qu'attendez-vous de ce procès?
R: D'abord la recherche des responsabilités. Les débats mettront certainement en lumière les pratiques complaisantes du monde maritime et la transgression de plus en plus courante des règles qui le régit.
Il faut également que les victimes puissent être indemnisées à la hauteur des dommages subis.
Au delà, il faudra que les enseignements déjà tirés de l'accident pour améliorer la sécurité maritime (paquets Erika 1,2 et 3) soient complétés pour s'inscrire dans une véritable politique maritime à l'échelle européenne.
Q: Avez-vous des regrets?
R: Quelle que soit l'issue de ce procès, il manquera des témoins essentiels pour la bonne compréhension du naufrage. D'abord l'Etat de Malte qui, par complaisance, a autorisé le navire à naviguer et qui s'est réfugié derrière une immunité de souveraineté pour éviter d'être appelé à la barre.
Seront également absents, car la justice s'est limitée aux acteurs principaux de l'affaire, l'acheteur final de la cargaison, la société italienne Enel qui aurait pu éclaircir le doute sur la nature des hydrocarbures, ainsi que la société indienne Herald Marine qui aurait pu nous éclairer sur le recrutement de l'équipage.
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| Publié le: 12/02/2007 à 11:16:31 GMT |
Source : AFP |
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