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L'émotion à l'arrivée du premier vol Paris-Moroni de Yemenia depuis le crash - Dossiers News, Informations, Maroc, Monde, Politique, Economie, Finances, Proche Orient, Sport
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L'émotion à l'arrivée du premier vol Paris-Moroni de Yemenia depuis le crash
La sécurité comorienne sur le tarmac de l'aéroport de Moroni à l'arrivée du premier vol en provenance de Paris depuis le crash le 2 juillet 2009 (© AFP - Tony Karumba)
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MORONI (AFP) - Il est 04h15 jeudi quand le Paris-Moroni de la Yemenia atterrit aux Comores, le premier après le crash de mardi. A l'arrivée, des passagers émus fustigent les "cercueils volants" de la compagnie yéménite, ou confient leur traumatisme après la perte d'un proche dans l'accident.
Hassan Abderemane, coiffé du chapeau brodé traditionnel et portant une djellaba blanche, couleur du deuil, est submergé par l'émotion.

"Mon beau-frère est décédé dans le crash, c'est moi qui l'avait déposé lundi au départ du vol de Paris", souffle-t-il à l'AFP en attendant ses bagages.

Interrogé pour savoir pourquoi il a pris le même vol que celui du drame, il réplique: "je n'avais pas le choix, je dois participer aux funérailles, et sur les autres compagnies comme Air Madagascar et Kenya Airways, c'est surchargé".

Mais "prendre un cercueil volant, ça fait toujours peur", dit-il.

Les lèvres tremblantes, un passager en costume noir lance, en colère: "c'est un accident auquel on s'attendait; ça fait des années que la diaspora dénonce le mauvais entretien de cet avion entre le Yémen et les Comores".

"J'ai perdu ma nièce dans le crash, elle venait célébrer son mariage le 2 août, c'est terrible", ajoute-t-il avant d'éclater en sanglots dans le hall.

Un Airbus A310 de la compagnie nationale yéménite s'est abîmé en mer au large des Comores dans la nuit de lundi à mardi, avec 153 personnes à bord. Seule une adolescente de 12 ans a été retrouvée vivante.

Mariam Moindjie, 48 ans, qui réside en France, a été plus chanceuse: elle devait prendre le vol de lundi mais a été refoulée pour cause de retard à l'enregistrement. "C'est un petit miracle", reconnaît-elle.

Les passagers interrogés par l'AFP font état d'une "atmosphère calme" dans l'avion et d'un peu plus de "flatterie" que d'habitude de la part du personnel de bord.

Un passager qui prenait cette compagnie pour la première fois montre "des photos de sièges bizarres et en mauvais état" prises avec son portable.

Les passagers sont accueillis par une haie disparate de militaires, sapeurs pompiers et officiels, certains donnant des accolades appuyées à des passagers.

Dans la salle d'attente des arrivées, baignée d'une lumière blafarde, des dizaines de passagers en partance pour Paris via Sanaa sur Yemenia somnolent, dans un calme pesant. Seuls deux enfants se chamaillent bruyamment.

"C'est la tristesse qui domine", confie Ali Amman, les traits tirés, qui a perdu dans le crash sa soeur et deux petits neveux qui rentraient pour les vacances. Il est venu accueillir son beau-frère venu suivre les opérations de recherche.

"On a perdu tout espoir, ça fait plus de 48 heures maintenant", lâche-t-il.

"Pourquoi y-a-t-il des avions destinés à l'Occident et d'autres pour les pays du tiers-monde? Pourquoi on nous donne des avions camelote à Sanaa? C'est pas honnête", lâche-t-il.

Il s'emporte aussi contre les autorités comoriennes au sujet des "rumeurs" sur l'avancée des recherches et du "manque d'information" à la disposition des familles de victimes.

Au milieu de ses nombreuses valises, Zaïnaba Mohamed, 41 ans et qui n'a pas vu sa famille depuis deux ans, s'emporte: "Nous, la diaspora, nous faisons marcher l'économie du pays, le gouvernement ne peut pas nous laisser livrés à nous-mêmes comme ça". "Il faut qu'il trouve un accord avec le gouvernement yéménite pour avoir des meilleures conditions de voyage", dit-elle.

A 05H00 (02H00 GMT), les premiers passagers sortent de l'aéroport, balayés par un vent fort et accueillis dans une émotion palpable mais retenue par leurs proches.

A l'intérieur de l'aéroport, la prière du muezzin résonne avec force.

Publié le: 02/07/2009 à 10:49:47 GMT Source : AFP
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