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Dossiers » 1968, année de révoltes Dossiers » 1968, année de révoltes
A l'Elysée, de Gaulle dépassé par les événements de mai 68
Charles de Gaulle s'adresse au pays lors d'une allocution radio-télévisée à Paris le 24 mai 1968 pour la première fois depuis le début des événements (© AFP/archives)
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PARIS (AFP) - Le journaliste Jean Mauriac a vécu Mai 68 à l'Elysée, où il guettait avec ses confrères chargés de la couverture de la présidence de la République le moindre mot du général De Gaulle, qui, dit-il, "était comme un sphinx", totalement dépassé par les événements.
"A l'Elysée, nous étions tous suspendus à ce que dirait le Général, mais le Général ne parlait pas", se souvient l'ancien correspondant, qui a suivi le Général pendant 26 ans pour le compte de l'AFP.

"L'intérêt s'était déplacé dans la rue. Il n'était pas à l'Elysée où De Gaulle était comme un sphinx. Pendant un mois, le Général ne s'est pas beaucoup manifesté, ça se passait surtout avec Pompidou à Matignon", souligne-t-il.

Comme tout le monde, les journalistes chargés de couvrir la présidence "perdent De Gaulle pendant une journée", le 29 mai, quand le chef de l'Etat disparaît pour se rendre à Baden-Baden, en Allemagne, où il va rencontrer le général Jacques Massu. "J'ai annoncé son retour à Colombey, parce qu'on nous avait dit qu'il était à Colombey, alors qu'il était à Baden-Baden", se souvient Jean Mauriac.

Un voyage éclair sur lequel il revient dans son livre, "Le Général et le journaliste" (Fayard) paru en janvier.

"Quant à l'affaire de Baden, à mon sens, il n'y a aucun vrai mystère. Si vous ne croyez pas à ce qu'a affirmé Massu, croyez au moins à ce qu'a dit le Général à Michel Droit : +Oui, le 29 mai, j'ai eu la tentation de me retirer+", écrit-il : "Comment tant de gens ont-ils pu croire que De Gaulle était allé voir Massu à Baden pour s'enquérir de la fidélité des troupes françaises ? Comment croire à une sottise d'une telle taille ?"

Pour l'ancien correspondant à l'Elysée, De Gaulle "ne s'est pas montré à la hauteur des événements parce qu'il était vieux (...) En 68, De Gaulle a complètement perdu les pédales, d'ailleurs il l'a dit lui même : +J'ai mis à côté de la plaque+".

Publié le: 19/04/2008 à 09:02:57 GMT Source : AFP
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