| ElBaradei devrait rendre à l'Onu un rapport défavorable à l'Iran |
| VIENNE (AFP) - Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, doit remettre vendredi au Conseil de sécurité de l'Onu un rapport concluant que Téhéran n'a pas obtempéré à des injonctions de l'Onu sur l'enrichissement d'uranium, ont indiqué des diplomates. |
Mais deux jours avant la date butoir du 28 avril fixée par l'Onu à la République islamique pour suspendre l'enrichissement, une délégation conduite par le vice-président iranien, Gholamreza Aghazadeh, doit avoir mercredi des entretiens avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a appris l'AFP.
M. Aghazadeh, qui dirige également l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, doit avoir des "entretiens techniques" au siège, à Vienne, de l'agence de sûreté nucléaire de l'Onu, a affirmé un diplomate.
Un autre diplomate a dit que le vice-président iranien devait rencontrer à cette occasion le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, mais un porte-parole de l'agence a refusé de confirmer cette rencontre.
Selon le premier diplomate, la visite "ne signifie pas grand-chose en réalité". "Je ne vois pas les Iraniens se raviser. Il s'agit plutôt d'un geste d'apaisement", après que M. ElBaradei a demandé à l'Iran, lors d'un récent voyage à Téhéran, de suspendre l'enrichissement d'uranium et de coopérer avec ses inspecteurs, a-t-il ajouté.
Le 29 mars, le Conseil de sécurité avait "souligné (...) qu'il était particulièrement important" que l'Iran suspende complètement et durablement "toutes les activités liées à l'enrichissement et au retraitement" de l'uranium et que l'AIEA devait pouvoir le vérifier.
M. ElBaradei doit soumettre vendredi au Conseil de sécurité et, parallèlement, aux 35 membres du conseil des gouverneurs de l'AIEA, l'exécutif de l'agence onusienne, "un rapport sur les suites données par l'Iran" à cette demande.
Selon l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA, Gregory Schulte, le rapport de M. ElBaradei conclura que l'Iran ne s'est pas plié aux injonctions du Conseil de sécurité. "Il est difficile d'imaginer que le directeur général (de l'AIEA) puisse publier un rapport positif vendredi", avait-il déclaré à l'occasion d'une visite mardi à Berlin.
"Il ne s'agira pas d'un bon rapport", a estimé un diplomate européen. "Qu'y a-t-il de positif à rapporter ?", a-t-il ajouté.
Lundi, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait déclaré que son pays ne suspendrait pas l'enrichissement d'ici à vendredi et avait menacé de le faire sortir du traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
Mardi à Téhéran, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, Ali Larijani, avait averti que la République islamique suspendrait ses relations avec l'AIEA si elle était soumise à des sanctions à cause de son programme nucléaire et qu'elle poursuivrait en secret ses activités dans ce domaine si elle était attaquée.
A Athènes, la chef de la diplomatie américaine, Condoleezza Rice, avait assuré mardi qu'il fallait "renforcer les efforts diplomatiques" pour régler la crise. Mais elle avait également rappelé que "le président américain ne retirait aucune option de la table". Le gouvernement américain n'a pas exclu le recours à la force pour faire plier Téhéran.
La semaine dernière, le numéro deux de l'AIEA, Olli Heinonen, avait ajourné un voyage à Téhéran. Cette décision avait été interprétée par des diplomates comme un signe clair du refus de Téhéran à se plier aux injonctions de l'AIEA.
M. Heinonen avait reporté son voyage après que l'Iran eut refusé de répondre à des questions sur des opérations secrètes d'enrichissement et sur des activités pouvant être liées à la mise au point d'une arme nucléaire.
Téhéran maintient que son programme nucléaire controversé a une vocation civile, mais les Etats-Unis, notamment, estiment qu'il cache un programme militaire.
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| Publié le: 27/04/2006 à 10:46:15 GMT |
Source : AFP |
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