| L'Egyptien "Abou al-Masri" présenté comme successeur de Zarqaoui |
| LE CAIRE (AFP) - L'armée américaine a présenté jeudi l'Egyptien Abou al-Masri comme probable successeur du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui à la tête de l'organisation Al-Qaïda en Irak, mais des experts égyptiens de l'islamisme radical sont dubitatifs sur le nom avancé. |
"Abou al-Masri, qui était l'un des lieutenants de Zarqaoui, est le candidat le plus probable à sa succession", a déclaré le général américain William Caldwell, porte-parole de l'armée, au cours d'une conférence de presse à Bagdad.
"Nous avons suivi ses mouvements depuis quelque temps et nous pensons qu'il est venu en Irak pour la première fois en 2002. Nous le soupçonnons d'avoir participé à l'établissement de la première cellule d'Al-Qaïda dans la région de Bagdad", a-t-il ajouté.
"De qui s'agit-il ? Mystère. Et ce nom veut seulement dire en arabe "le père de l'Egyptien", ce qui encore plus étrange ", a déclaré Dhia Rachwan, un chercheur sur le terrorisme du centre d'études stratégiques d'al-Ahram.
Amr al-Choubaki, considéré comme un des meilleurs spécialistes égyptiens de l'islamisme, chercheur au centre d'al-Ahram, se montre également très perplexe. "Je suis très surpris de la révélation de ce nom, qui n'est qu'un pseudonyme".
De nombreux islamistes égyptiens ont fui leur pays arprès la répression féroce menée contre des groupes comme la Gamaa Islamiya, ou le Jihad, responsables d'une vague de violence ayant provoqué la mort de 1300 personnes dans les années 90.
On estime qu'un tiers des cadres d'al-Qaïda sont des Egyptiens, parmi lesquels Ayman al-Zawahiri, son numéro deux.
Dhia Rachwans rappele qu'il y a deux "al-Masri" très connus dans la nébuleuse islamiste radicale.
Le premier, Abou Hamza al-Masri, de son vrai nom Moustafa Kamel, est l'imam radical de la mosquée Finsbury Park de Londres. Il est prison depuis février, purgeant une peine de sept ans d'emprisonnement pour incitation au meurtre.
Le second Abou Hafs al-Masri, de son nom Muhammed Atif, avait rejoint Ben Laden en Afghanistan au tout début d'al-Qaïda, mais est mort en novembre 2001, lors d'un raid américain près de Kaboul.
Le porte-parole de l'armée américaine à Bagdad, le général William Caldwell a affirmé que "Abou al-Masri, qui était l'un des lieutenants de Zarqaoui, est le candidat le plus probable à sa succession".
"Nous avons suivi ses mouvements depuis quelque temps et nous pensons qu'il est venu en Irak pour la première fois en 2002. Nous le soupçonnons d'avoir participé à l'établissement de la première cellule d'Al-Qaïda dans la région de Bagdad", a ajouté le général américain.
Abou Moussab al-Zarqaoui a été tué mercredi soir dans une opération irako-américaine lors d'une frappe aérienne visant une maison au nord de Bagdad, au cours de laquelle plusieurs autres personnes sont mortes.
Selon Dhia Rachwan, lancer un nom comme "abou al-Masri" n'a aucune consistance faute de détails, et selon lui des rumeurs difficiles à vérifier circulent sur des sites islamistes sur un autre successeur, également inconnu, Abou Hafs al-Karani.
"Il est possible que les américains aient intercepté un message, mais sinon il est difficile de comprendre pourquoi ils lancent un tel pseudonyme", a-t-il dit. Selon lui, pour diriger al-Qaïda, "il faut une personne avec un nom réel et une image forte, comme celle de Zarqaoui".
D'après Amr al-Choubaki, une hypothèse vraisemblable serait que la nébuleuse al-Qaïda "s'irakise" en Irak, et se donne pour chef un irakien, et non un "jihadiste transnational très dogmatique" comme Zarkaoui
"L'héritage de Zarkaoui est celui de la haine raciale et confessionnelle", a-t-il dit. "Cette dérive sanglante a commencé a cause de lui, et c'est la rue irakienne qui s'en est emparée", dans un "climat guerre civile non déclarée.
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| Publié le: 08/06/2006 à 17:36:33 GMT |
Source : AFP |
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