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Entre efficacité et droitisation, un remaniement diversement analysé
Sortie du Conseil des ministres de Michèle Alliot-Marie,  Yves Jego, Hervé Novelli et Christine Lagarde, Fadela Amara, Christine Albanel  et Anne-Marie Idrac, le 19 mars 2008 (© AFP - Eric Feferberg)
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PARIS (AFP) - Ajustement "technique" pour une meilleure efficacité selon la droite, "fin de l'ouverture", "repli sur le clan UMP" et "droitisation" pour la gauche: le remaniement de l'équipe gouvernementale, plus ample qu'attendu, est diversement analysé.
"C'est un remaniement plutôt technique, de bonne qualité", a estimé mercredi Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, "très heureux" que "l'architecture gouvernementale" n'ait pas été modifiée "en profondeur".

Au contraire, le numéro 2 du PS François Rebsamen estime que ce remaniement met "fin à l'ouverture" et signe un "repli sur le clan".

Il a parlé encore de "retour à une forme de sarkozysme historique", formule qu'un membre du gouvernement ne conteste pas: c'est effectivement un "retour à la +Sarkozie+ historique", mais qui s'explique par "le besoin" du président, en ces temps "difficiles" (baisse de popularité, défaite électorale), "d'avoir une phalange autour de lui pour le protéger".

Autre preuve du retour en grâce des sarkozystes, aux yeux de ce ministre: "on voit de plus en plus, lors des conseils des ministres, le président discuter avec son plus ancien ami, Brice Hortefeux" (Intégration et identité nationale).

"L'ouverture" à la gauche et au Nouveau centre pratiquée par M. Sarkozy avait été mal perçue par certains de ses amis, Patrick Devedjian ironisant même à l'époque sur une ouverture qu'il aurait aimé voir "aller jusqu'aux sarkozystes".

Le secrétaire général de l'UMP a été entendu: sur les six nouveaux secrétaires d'Etat, quatre sont des très proches du président: les deux porte-parole du parti majoritaire Nadine Morano (Famille) et Yves Jégo (Outre-mer), ainsi qu'Hubert Falco (Aménagement du territoire) et Alain Joyandet (Coopération et francophonie).

Plusieurs autres ministres ont eu une promotion, notamment Luc Chatel, nouveau porte-parole du gouvernement qui garde la consommation et reçoit l'industrie.

Pour lui, c'est presque un retour aux sources: pendant la campagne électorale de M. Sarkozy, à laquelle il avait activement participé, il était porte-parole de l'UMP.

Le chef de l'Etat était pourtant enclin, il y a encore deux ou trois semaines, à "poursuivre l'ouverture" vers la gauche, songeant notamment à l'ancien ministre socialiste Claude Allègre. Mécontent, Copé avait alors affirmé qu'Allègre, c'est "le nom en trop".

"On en a tellement fait sur l'ouverture que ça n'a plus grande utilité, de toute façon l'image de l'ouverture, elle est déjà gagnée", a renchéri mercredi un élu de la région parisienne, en allusion aux ministres ex-socialistes (Bernard Kouchner, Eric Besson, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel) ou proches: Fadela Amara et Martin Hirsch.

"J'ai dit au président que s'il continuait sur cette voie, cela allait énerver à l'UMP", a ajouté cet élu. Alors que le président est décidé à "accélérer" les réformes, "il était essentiel pour lui de donner un signal positif à ses amis", explique le même.

En remaniant le gouvernement, Nicolas Sarkozy a aussi voulu lancer "un message clair", assure un autre ministre. "Le pouvoir de nomination, c'est lui et personne d'autre".

"Quels que soient les sondages ou le résultats des élections, personne ne peut lui dicter quoi faire. La preuve: il a fait entrer Nadine Morano, largement battue aux municipales, et a rendu un hommage appuyé en conseil des ministres à Xavier Darcos, autre battu", ajoute ce ministre.

Publié le: 19/03/2008 à 18:33:22 GMT Source : AFP
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