| Les écologistes s'inquiètent pour l'après-Juppé |
| PARIS (AFP) - La démission annoncée d'Alain Juppé, après sa défaite aux législatives, laisse les milieux écologistes inquiets sur l'avenir du super ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, qui paraissait taillé sur mesure pour l'ancien Premier ministre. |
"Je suis assez inquiète parce que la structure ministérielle mise en place est une structure qui nécessite un véritable engagement personnel", a déclaré à l'AFP la présidente du parti écologiste Cap21, Corinne Lepage.
Le super ministère qui avait été confié à Alain Juppé, ancien Premier ministre, devenu numéro deux du gouvernement de François Fillon, regroupe d'un côté "les grands corps d'Etat" (équipement, aménagement du territoire, transports et énergie) et de l'autre, "le petit ministère de l'Environnement", observe-t-elle.
Donc, "cela ne peut être que la personnalité du ministre qui rétablit l'équilibre et fait les arbitrages en faveur de l'environnement", a estimé Corinne Lepage, qui a rallié le MoDem de François Bayrou.
Parmi les noms qui circulent pour remplacer l'éphémère ministre du développement "durable", figurent ceux de Michel Barnier, ancien ministre des Affaires étrangères, et Jean-Louis Borloo, actuel ministre de l'Economie.
Michel Barnier "a pour lui d'avoir été ministre de l'environnement et il a une vraie vocation internationale. Ce sont des points positifs", a commenté Corinne Lepage.
"Pour remplacer Juppé, il y a Barnier ou Borloo. C'est le niveau mininum", a estimé de son côté Serge Orru, directeur général France du Fonds mondial pour la nature (WWF). "Barnier est un européen, un homme compétent. Borloo a une solide stature", a-t-il ajouté.
"Il faut un homme qui va devoir négocier avec nous et imposer aux siens des compromis", a indiqué le directeur général du WWF France. Mais "celui qui sera en face de nous, il faut qu'il ait une stature d'homme d'état avec l'autorité sur l'ensemble des services de l'état. Car cela ne va pas être simple ce Grenelle de l'Environnement. C'est une rude négociation qui s'ouvre à nous", a-t-il averti.
Le "Grenelle de l'environnement" annoncé par le président Nicolas Sarkozy et qui doit se tenir en octobre vise à déboucher sur un contrat de cinq ans entre l'Etat, les syndicats, les associations et les entreprises.
"Et il faudra bien des résultats", a-t-il déclaré, évoquant notamment les questions telles que les OGM, les pesticides, les incinérateurs, le transport ou les atteintes à la biodiversité.
De son côté, Nicolas Hulot, qui avait contribué à faire de l'Ecologie un enjeu majeur de la campagne présidentielle avec le "pacte écologique", ne souhaitait faire lundi aucun commentaire sur le départ d'Alain Juppé.
A La fédération France Nature Environnement (FNE), on relativise l'importance de ce départ pour l'organisation du Grenelle de l'environnement. "Le dossier est piloté directement en grande partie par l'Elysée", a observé Arnaud Gossement, porte-parole de la FNE.
En revanche, "les associations n'apprécieraient pas du tout que le ministre d'Etat ne soit plus ministre d'Etat et ne soit plus le numéro deux du gouvernement", a-t-il ajouté.
Les Verts ont ironisé lundi sur le départ du gouvernement d'Alain Juppé. "Un ballon de baudruche annonciateur de l'abandon écologique?", s'interrogent les Verts dans un communiqué.
|
| Publié le: 18/06/2007 à 15:46:59 GMT |
Source : AFP |
|
|