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Dossiers » Un an de présidence Sarkozy Dossiers » Un an de présidence Sarkozy
Sur l'Ecole, son sujet de prédilection, Sarkozy est confronté aux manifestations
Des lycéens et enseignants manifestent le 1er avril 2008 à Paris (© AFP/Archives - Patrick Kovarik)
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PARIS (AFP) - Très disert sur l'Ecole, de la maternelle à l'université, Nicolas Sarkozy a enclenché en un an la plupart de ses grands engagements de campagne, mais la première de ses réformes, ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux, a fait descendre lycéens et professeurs dans la rue.
C'est aussi sur le terrain de l'Education que le chef de l'Etat a enregistré deux revers cinglants.

Sa première décision de Président, la lecture de la lettre de Guy Môquet dans toutes les classes de lycées, a avorté. Tout comme la prise en charge de la mémoire d'un enfant mort dans la Shoah par chaque écolier de CM2, immédiatement critiquée par les enseignants et les historiens, jusque dans son propre camp politique.

Le président a connu meilleure fortune sur sa promesse de campagne d'autonomie des universités. Finalement convaincu par sa ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, que cette réforme ne pouvait se faire "à la carte" mais devait s'imposer aux 85 universités dans un délai de cinq ans, il a bénéficié de la bienveillance des parlementaires, y compris de gauche.

En fixant avec habileté la concertation et le débat en juillet, quand les campus sont déserts, le président Sarkozy espérait faire passer sans heurt l'assouplissement de la participation financière du privé dans les universités.

C'était sans compter sur la capacité des étudiants et lycéens à se mobiliser contre "la privatisation des universités" pendant six semaines à l'automne. ILs n'ont finalement obtenu aucune concession mais des mesures d'accompagnement.

Au même moment, le ministre de l'Education Xavier Darcos multipliait les réformes (assouplissement de la carte scolaire, accompagnement éducatif après 16H00) et lançait plusieurs chantiers, plus ou moins aboutis.

Le jour de la rentrée, Nicolas Sarkozy avait voulu présenter sa philosophie générale en matière scolaire dans une "lettre aux éducateurs". Mais, c'est dès son arrivée rue de Grenelle, au printemps, que M. Darcos a endossé un des objectifs phare de la mandature: le non renouvellement d'un fonctionnaire sur deux. Parfois avec impatience, il a tenté de faire digérer aux syndicats la suppression de 11.200 postes à la rentrée 2008, parallèle à l'augmentation du nombre d'heures supplémentaires.

Cette équation est d'autant plus difficile à résoudre que le chef de l'Etat s'était engagé pendant la campagne à "revaloriser la condition des enseignants", leur image, leur statut social et leurs salaires. Lancé dès la rentrée, le chantier patine actuellement, en l'absence de calendrier et de pistes, à l'exception d'un coup de pouce financier aux jeunes profs.

Sans compter que, depuis quatre semaines, les lycéens, en majorité venus de banlieue, crient leur refus d'être "sacrifiés sur l'autel des économies budgétaires".

Sujet chéri de Nicolas Sarkozy, l'école primaire a fait l'objet d'une vaste réforme. Pratiquement bouclée pour la rentrée prochaine - suppression du samedi matin, utilisation des heures récupérées à seule destination des élèves en difficulté, stages de remise à niveau pendant les vacances -, elle doit aussi bénéficier de nouveaux programmes.

Mais ces programmes, qui portent la philosophie du président - recentrage sur le lire, écrire, compter, histoire des arts et retour aux "leçons de morale" - ont cristallisé les critiques, poussant même les professeurs des écoles à envisager la grève pour le 15 mai prochain.

Publié le: 23/04/2008 à 16:21:55 GMT Source : AFP
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