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Domestiques en ville, destin des paysannes chinoises fuyant la pauvreté
Représentantes des minorités ethniques à la sortie du parlement chinois, à Pékin le 5 mars 2006 (© AFP/Archives - Frederic J. Brown)
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PEKIN (AFP) - En quête de meilleures conditions de vie, les paysannes chinoises affluent coûte que coûte vers les grandes villes pour travailler comme domestiques, renforçant un exode rural que le gouvernement veut freiner en choyant les campagnes.
"A la campagne, nous gagnions juste pour manger et nous vêtir, c'est tout, en plus on devait verser des taxes aux cadres locaux, mais en retour on ne voyait rien venir", explique une jeune femme d'une trentaine d'années, venue à Pékin en provenance du Sichuan (sud-ouest) pour travailler comme bonne, un secteur en pleine expansion avec les réformes économiques et l'enrichissement des classes urbaines.

En cette journée internationale des femmes, elle est venue assister avec un groupe d'amies à une rencontre organisée par l'Unesco sur les "droits des travailleuses migrantes et les questions juridiques concernant le secteur des services de ménages".

Aucune d'elles ne veut être identifiée, la peur du supérieur et de l'autorité étant toujours aussi tenace en Chine.

Une de ses amies, âgée de 32 ans, vient également du Sichuan, d'où était originaire le père des réformes Deng Xiaoping.

Son arrivée à Pékin n'a pas été de tout repos. A peine descendue du train "lent", le moins cher, qui rallie la capitale chinoise en deux jours et trois nuits, elle a été contrôlée par la police en compagnie de son mari et d'un groupe d'autres migrants venus de la même province.

Faute des indispensables permis de résidence et n'ayant pas d'argent pour "négocier" avec les policiers, ils ont été renvoyés chez eux après avoir été battus et humiliés.

"Pendant 24 heures, ils nous ont gardés et nous avons eu peur, car nous n'avions plus d'argent et nous craignions qu'on soit obligé de demander à nos parents", se souvient-elle.

A côté d'elle, l'une des femmes du groupe se souvient de la même mésaventure arrivée à son mari. Lui a eu plus de chance. "Je l'ai racheté pour 248 yuans (31 dollars)", dit cette mère d'une petite fille de 7 ans, qui a fait toutes sortes de travail, comme cuisinière sur des chantiers de routes dans le Shanxi (nord) ou ouvrière dans les usines du Guangdong (sud).

Leurs conditions de travail ne sont pas toujours mirobolantes, sans protections et sécurité sociale, avec pour certaines le souvenir de patrons despotiques, mais elles préfèrent malgré tout venir en ville, où les possibilités d'emplois sont plus nombreuses.

Pour améliorer leurs salaires, qui tournent autour de 600 yuans par mois, elles sont prêtes à multiplier les petits boulots.

La plus jeune du groupe, originaire du Gansu, une province particulièrement défavorisée dans l'ouest, a même gagné 2.000 yuans comme vendeuse sur une opération spéciale de promotion.

"Actuellement je gagne jusqu'à 900 yuans", dit-elle. Ses deux frères sont également venus de la campagne pour travailler à Pékin.

Pour éviter un exode rural trop important et afin de combler les inégalités croissantes avec les villes, le gouvernement a annoncé un effort en faveur des paysans pour construire "de nouvelles régions rurales socialistes" durant la période du XIe plan (2006-2010).

Dimanche, dans son discours devant le Parlement, le Premier ministre Wen Jiabao a fait de "la solution des problèmes liés à l'agriculture, aux régions rurales et aux paysans" la priorité de son gouvernement, annonçant une enveloppe budgétaire de 339,7 milliards de yuans (42 milliards de dollars) en 2006, soit 12% de plus que l'année d'avant.

L'une des femmes du Sichuan aimerait bien rentrer dans sa campagne, pour retrouver sa fille qui vit chez les grands-parents, si elle arrive à suffisamment économiser. "Je veux retourner pour faire du business", explique-t-elle.

Publié le: 08/03/2006 à 10:17:57 GMT Source : AFP
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