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Dossiers » Rébellion au Tchad Dossiers » Rébellion au Tchad
Djandjawids, rebelles, déplacés, l'est du Tchad en proie à la violence
Des réfugiées venant du Darfour dans le camp de Tine, le 26 janvier 2004 (© AFP/Archives - Marco Longari)
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GOZ BEIDA (AFP) - Attaques de djandjawids soudanais, offensives de rebelles tchadiens, mouvements incessants de populations fuyant les violences: l'est du Tchad, en proie à une insécurité chronique, a vu au cours des derniers mois sa situation se détériorer de façon dramatique.
Le paroxysme a été atteint jeudi dernier, avec le déclenchement d'une offensive éclair des rebelles du Front uni pour le changement (Fuc), partis de l'est pour arriver en trois jours aux portes de N'Djamena, où ils ont été repoussés par l'armée tchadienne. Mais le feu couve toujours.

"Ca n'est pas terminé. Depuis novembre, il y a des pics de violence puis des moments de calme, mais on sent que ça monte en puissance", estime Claire Bourgeois, représentante adjointe du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

"La situation sécuritaire ne nous permet plus d'envoyer du personnel en zone frontalière, des entreprises tchadiennes refusent désormais d'aller dans certains secteurs", poursuit-elle.

Signe tangible de la dégradation de la situation, le nombre chaque jour grandissant de déplacés tchadiens, fuyant les villages proches de la frontière avec le Soudan pour chercher refuge à l'intérieur des terres. Le HCR évalue leur nombre entre 30.000 et 50.000.

"Chaque jour, des déplacés arrivent et nous disent que d'autres suivent derrière", s'alarme Tahdé Nzotunga, un infirmier travaillant pour Coopi, une ONG italienne, à Goz Beïda (est), où se sont déjà installés quelque 9.000 personnes.

Ces civils font état d'une multiplication des attaques de djandjawids, le terme générique pour désigner des cavaliers armés venus voler le bétail et piller les villages.

Un père et son fils, réfugiés dans le camp de Tine, au Tchad, attendent, le 26 janvier 2006 (© AFP/Archives - Marco Longari)
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Ainsi, Abdoulaye Osmane, blessé d'une balle dans le ventre, raconte que son village, dans la zone de Tiéro, près de la frontière, a connu le 14 avril trois attaques successives "d'Arabes venus du Soudan", tandis qu'un autre blessé, Ibrahim Mohamad, affirme avoir également vu des djandjawids tchadiens.

Pour ajouter à la confusion, ces attaques surviennent en même temps que des mouvements de rebelles, même si le lien exact entre les deux phénomènes reste difficile à établir.

Le Tchad accuse le Soudan d'exporter le conflit du Darfour --où sévissent les djandjawids-- sur son territoire et de soutenir la rébellion pour renverser le régime du président Deby.

S'il n'y a pas eu de témoignages d'exactions contre les civils de la part des rebelles, ces derniers s'en prennent néanmoins au matériel des organisations humanitaires.

Lors de leur offensive vers N'Djamena, les 12 et 13 avril, les rebelles ont investi l'antenne du HCR de Koukou, au sud de Goz Beïda, et dérobé deux talkie-walkies et les radios des véhicules.

"Je connaissais leur commandant. Il m'a expliqué qu'ils ne voulaient pas nous faire de mal mais nous empêcher de communiquer", raconte un chauffeur.

Les ONG ayant réduit leur personnel dans la zone en raison des violences, les informations restent souvent fragmentaires, les rumeurs courent. "On récolte tous les morceaux d'information qui nous parviennent. C'est comme un puzzle", explique Lindell Findlay, chef du bureau du HCR à Goz Beïda.

"Mais nous constatons qu'il y a beaucoup de mouvements militaires en ce moment", dit-elle.

Un humanitaire raconte ainsi que lors de l'offensive rebelle jeudi, son équipe a croisé des hommes en uniformes qui faisaient le signe de la victoire. "Nous ne savions pas qui ils étaient, militaires ou rebelles", soupire-t-il.

En outre, dans le chaos ambiant, il n'est pas rare que certains des interlocuteurs habituels des ONG disparaissent... ou rejoignent la rébellion.

Publié le: 19/04/2006 à 13:07:41 GMT Source : AFP
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