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Diplomatie: McCain se pose en "dur" pour rassurer les Américains
John McCain le 5 septembre 2008 (© AFP - Robyn Beck)
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ST PAUL (AFP) - De la Russie à l'Iran, le candidat républicain à la Maison Blanche John McCain cherche à cultiver une image de "dur" sur la scène internationale afin de rassurer les Américains face aux "menaces" réelles ou supposées qui visent les Etats-Unis.
"Nous sommes confrontés à de nombreuses menaces dans ce monde dangereux, mais elles ne me font pas peur", a assuré le prétendant jeudi soir, déclenchant une ovation des délégués républicains réunis à St Paul (nord) afin de le désigner officiellement pour la course à la Maison Blanche.

A l'inverse de son adversaire démocrate Barack Obama, qui entend privilégier la diplomatie pour réconcilier l'Amérique avec le reste du monde et a constamment dénoncé l'invasion de l'Irak, John McCain a prononcé un discours pétri de patriotisme, saluant les soldats engagés en dehors des frontières.

John McCain s'oppose au souhait de son rival de retirer toutes les troupes d'Irak au plus tard fin 2010, estimant que cela risque de compromettre les récents progrès obtenus dans le pays.

A 72 ans, il a insisté sur son expérience de l'étranger, s'étendant largement sur ses cinq années passées dans les geôles nord-vietnamiennes durant la guerre du Vietnam. "Je sais comment fonctionne le monde", a-t-il lancé.

A deux mois du scrutin, son intervention n'a cependant guère levé le voile sur la stratégie internationale que suivrait une administration M. McCain si le sénateur l'emportait le 4 novembre.

Selon le New York Times, la convention républicaine a donné lieu à un affrontement "pour le coeur de John McCain" entre colombes et faucons de la droite américaine.

Mais l'intéressé ne semble pas avoir tranché et il était difficile de prévoir si une présidence McCain ressemblerait plus au premier mandat de George W. Bush, marqué par l'unilatéralisme et les invasions de l'Afghanistan et de l'Irak, ou au second qui a donné lieu à des rapprochements prudents avec la Corée du Nord, l'Iran et tout récemment la Syrie et la Libye.

Près de sept ans après les attentats du 11 septembre 2001, John McCain a évoqué la menace du terrorisme islamiste.

"Nous avons asséné un coup dur à Al-Qaïda au cours des dernières années. Mais ils ne sont pas défaits, et ils nous frapperont encore s'ils le peuvent", a estimé le candidat républicain sans préciser comment il entendait neutraliser l'organisation terroriste.

Il a adressé des avertissements à l'Iran pour son programme nucléaire et à la Russie après son intervention en Géorgie.

"L'Iran demeure le plus grand commanditaire de terrorisme d'Etat et est en voie d'acquérir des armes nucléaires", a dit le sénateur de l'Arizona sans préciser ce qu'il ferait pour empêcher Téhéran d'acquérir l'arme nucléaire.

A propos de la Géorgie, John McCain a accusé les dirigeants russes d'avoir "envahi un petit voisin démocratique afin d'augmenter leur mainmise sur les réserves mondiales de pétrole, intimider d'autres voisins et réaliser leur ambition de rétablir l'Empire russe".

"Comme président, je travaillerai à établir de bonnes relations avec la Russie afin d'éviter un retour à la Guerre froide. Mais nous ne pouvons ignorer l'agression qui menace la stabilité du monde et la sécurité du peuple américain", a averti M. McCain, accusant les dirigeants russes d'être "enrichis par le pétrole et corrompus par le pouvoir".

Au cours de son discours d'une cinquantaine de minutes, M. McCain n'a pas une seule fois parlé de l'Afghanistan où des soldats américains sont engagés depuis 2001. Rappelant qu'il avait été un chaud partisan de l'envoi de renforts en Irak, il n'a ainsi pas dit s'il suivrait la même stratégie avec l'Afghanistan.

Publié le: 06/09/2008 à 07:51:30 GMT Source : AFP
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