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Dimitri Medvedev, la face "soft" et libérale du Kremlin
Dimitri Medvedev et sa femme Svetlana à son arrivée le 2 mars 2008 au bureau de vote à Moscou (© AFP - Dmitry Astakhov)
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MOSCOU (AFP) - Il cultive son image d'héritier du président et s'applique à répéter, en élève consciencieux, le message de Vladimir Poutine. Assuré de lui succéder au Kremlin, Dmitri Medvedev pourrait incarner une version édulcorée de son mentor.
Le visage poupin, le "dauphin", 42 ans, tranche par son apparente douceur, sa réserve avec Vladimir Poutine, de 13 ans son aîné, formé à l'école du KGB et adepte de la manière forte et des déclarations fracassantes.

Dans un pays qui affectionne les dirigeants sportifs, sinon virils à l'image du président sortant après les frasques de Boris Eltsine, il prend soin de soigner sa forme, enchaînant quotidiennement, selon ses dires, les longueurs de piscine. Comme son mentor, il porte des cols roulés noirs quand il veut paraître moins officiel.

Et dans une interview récente, il a un peu percé l'armure, parlant de son enfance de fils d'enseignants et expliquant très sérieusement qu'il considérait que sa femme devait "rester à la maison".

Chef de file de l'aile "libérale" dans la constellation poutinienne, il est souvent décrit comme un "technocrate" pragmatique, pour qui l'idéologie est "chose nuisible". Il revendique le fait d'avoir grandi dans l'ombre de Vladimir Poutine, rencontré au début des années 1990 dans leur ville natale de Leningrad, l'actuelle Saint-Pétersbourg.

Après avoir brièvement enseigné à l'université de droit de Saint-Pétersbourg, ce juriste discret et efficace rejoint le "Comité des relations extérieures" de la mairie, berceau de l'élite russe des années 2000 dirigé à l'époque par Vladimir Poutine.

Il y travaille cinq ans, le temps de se faire remarquer, notamment en apportant des solutions juridiques dans des dossiers de malversations qui auraient pu éclabousser Vladimir Poutine, selon la presse russe et d'anciens responsables politiques locaux. Il touche également au monde des affaires, entrant au conseil d'administration d'une entreprise de bois et de papier, Ilim Pall Enterprise, un acteur de poids dans un secteur réputé corrompu.

Après le départ de l'équipe réformatrice du maire Anatoli Sobtchak en 1996, il retrouve son poste de professeur à la faculté. Et ce jusqu'en 1999, quand Vladimir Poutine le fait monter à Moscou.

Il devient son directeur de campagne pour la présidentielle de mars 2000, prend rapidement la tête de l'administration présidentielle, ainsi que celle du conseil d'administration du géant gazier Gazprom, gravissant les marches du pouvoir en toute discrétion. A ces différentes fonctions, il assiste à la reprise en main des médias et à l'étouffement de l'opposition, sans que l'on sache s'il les a approuvées ou y a participé.

A partir de novembre 2005 et sa nomination comme premier vice-Premier ministre chargé des grands projets nationaux (santé, logement, éducation et agriculture), il apparaît comme un des dauphins en vue. Sa "désignation" en décembre 2007 marquerait la victoire des "libéraux" sur les "siloviki", les anciens du KGB et de l'armée.

Depuis, le candidat Medvedev n'affiche qu'un programme: la fidélité à Vladimir Poutine et la poursuite de son oeuvre, sans "rien abîmer". S'il se veut libéral en affaires, il n'est pas sûr qu'il soit très progressiste au plan politique, notamment sur les droits de l'Homme. "Je crois que nous avons en Russie une vraie démocratie", a-t-il pu dire.

Peu disert en politique étrangère, il a montré qu'il était au diapason du président. "On ne force personne à aimer la Russie, mais on ne laissera personne lui faire du mal", dit-il, sans adopter cependant la rhétorique anti-occidentale de son modèle.

Principale inconnue: sa relation à venir avec Vladimir Poutine qui doit se reconvertir comme Premier ministre. Président-chrysanthèmes ou homme fort des huit années à venir ? La Russie "ne peut être dirigée que par un pouvoir présidentiel fort", a-t-il prévenu, rejetant l'idée de "plusieurs centres de pouvoir" en Russie.

Publié le: 02/03/2008 à 10:10:45 GMT Source : AFP
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