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Dossiers »  Tunisie: l'après Ben Ali Dossiers » Tunisie: l'après Ben Ali
Les déclarations des dirigeants français sur la Tunisie depuis 20 ans
François Mitterrand et Ben Ali, le 19 décembre 1991 à l'Elysée, à Paris (©  - Gérard Fouet)
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PARIS (AFP) - Alors que la révolution tunisienne suscite à Paris débats et controverses au sein de la classe politique, voici un rappel des principales appréciations des dirigeants français pendant les 23 ans de règne de Zine El Abidine Ben Ali:
- 1989: le 5 juin, le président socialiste François Mitterrand, en visite à Tunis et interrogé sur les aspects répressifs du code de la presse en Tunisie, affirme que "depuis le 7 novembre 1987 (date de l'accession au pouvoir du président Ben Ali), beaucoup de gens se sont retrouvés en liberté, plusieurs courants d'opinion existent".

- 1991: le 11 juillet, François Mitterrand, en visite à Tunis: "La Tunisie est un pays accueillant et les Français auraient bien tort de s'écarter de ce chemin favorable aux vacances".

- 1995: le 6 octobre, le président de droite Jacques Chirac, lors d'une visite d'Etat de deux jours à Tunis, affirme que le président Ben Ali a engagé son pays "sur la voie de la modernisation, de la démocratie et de la paix sociale". Il ajoute que la Tunisie est en "marche vers le progrès et la construction d'un Etat de droit", assurant que "les avancées" vers la démocratie se font jour après jour.

- 1997: à l'occasion de la visite d'Etat à Paris du président Ben Ali, les 20 et 21 octobre, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin appelle "à une ouverture plus grande aux valeurs de la démocratie et du pluralisme".

De son côté, le président Jacques Chirac continue de vanter les "profondes réformes" qui ont "renforcé la démocratie, le pluralisme et les droits de l'homme".

- 2003: le 3 décembre, à Paris, Jacques Chirac déclare, à propos de l'avocate et opposante Radia Nasraoui en grève de la faim à Tunis que "le premier des droits de l'Homme, c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays".

- 2008: le 28 avril, le président de droite Nicolas Sarkozy, en visite d'Etat en Tunisie, déclare: "Certains sont bien sévères avec la Tunisie, qui développe sur bien des points l'ouverture et la tolérance (...). L'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer".

Le 30 avril, Nicolas Sarkozy salue une nouvelle fois les progrès accomplis en Tunisie: "Tout n'est pas parfait en Tunisie, certes (...), mais je veux le dire aussi parce que je le pense, quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison?"

2009: le 10 novembre, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, issu de la gauche, se dit "déçu" par le régime tunisien après des arrestations de journalistes, dont l'opposant Taoufik Ben Brik. "Quand on a été élu pour la cinquième fois et qu'on dirige ce pays avec habileté, je pense que c'est inutile", affirme le ministre, un mois après la réelection du président Ben Ali avec 89,62% des voix.

- 2011: Le 11 janvier, trois jours avant la chute de Ben Ali et alors que les victimes de la répression se comptent par dizaines, la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, assure devant le Parlement que la Tunisie peut compter, si elle le souhaite, du "savoir faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité" pour "régler des situations sécuritaires de ce type".

Dans les jours qui suivent, l'opposition se déchaîne contre la ministre, fustigeant une "faute grave", un "déshonneur" pour la France, les écologistes allant jusqu'à exiger sa démission.

Publié le: 21/01/2011 à 13:11:30 GMT Source : AFP
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