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Une décharge ? Non, une centrale électrique
Un véhicule rassemble des détritus le 22 octobre 2007 dans la décharge de Vert-le-Grand (© AFP - Thomas Coex)
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VERT-LE-GRAND (AFP) - La technique est fréquente en Allemagne ou au Royaume-Uni mais encore limitée en France: d'une montagne de déchets, produire de l'électricité, éclairer les foyers en économisant l'énergie et en évitant la dispersion de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.
Posée au ras d'une morne plaine aux confins des grandes banlieues parisiennes, la décharge de Vert-Le-Grand (Essonne) stocke sur 40 m de hauteur, depuis 25 ans, les déchets (non recyclables) de 700.000 habitants alentours: 220.000 tonnes par an, qui alimentent depuis le printemps 2006 quelque 20.000 foyers en courant.

"Les déchets en se décomposant créent naturellement du méthane, dont le pouvoir de réchauffement de l'atmosphère est près de 30 fois supérieur à celui du dioxyde de carbone (CO2). Si on ne dégaze pas, on provoque des émissions de gaz à effet de serre et des mauvaises odeurs", explique Xavier Joly, directeur général de la société G.A.S Environnement qui exploite le site.

Et si la loi fait obligation de capter ces gaz, ils sont le plus souvent brûlés en torchères. Ici, avec 2,5 millions d'euros d'investissement initial, G.A.S capte le méthane dégagé par la décomposition des ordures, le brûle et réinjecte dans le réseau EDF du courant à 20.000 volts.

A Vert-Le-Grand, le gaz émis par la décharge est récupéré dans 150 puits creusés dans la masse et dont les valves noirées clapotent et sifflent doucement au sommet. Il est ensuite acheminé par des conduites de plusieurs kilomètres de long qui sillonnent les 35 ha du site, jusqu'à la station de surpression.

Dans ces conteneurs verts alignés en contrebas, tournent en permanence trois moteurs 16 cylindres couplés à un alternateur qui produit de l'électricité à 400 volts qu'un transformateur élève ensuite aux normes du réseau EDF.

G.A.S a signé un contrat de 15 ans avec l'entreprise publique - a capacité de production de méthane d'un site dure généralement le double - qui lui rachète 5,85 centimes d'euros le kWh. Depuis juillet 2006, le tarif de rachat a grimpé à 7,5 centimes - "Nous avons signé trop tôt", sourit M. Joly.

La décharge de Vert-le-Grand, le 22 octobre 2007 (© AFP - Thomas Coex)
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"Avec plus de 30 M de kWh produits par an, ce seront 100.000 tonnes d'équivalent pétrole (tep) produites en 15 ans et 100.000 tonnes de CO2 évitées", insiste-t-il. (La tep correspond à ce qu'il aurait fallu consommer en énergie fossile pour parvenir à la même production).

"La production de méthane met plusieurs mois à s'amorcer sur une décharge, mais ensuite elle est pérenne", souligne-t-il. On a ici, entre les nombreux puits de captage, un taux de disponibilité de la source d'énergie d'au moins 90%, contre 25% avec l'éolien".

Le site de Vert-Le-Grand est l'un des rares équipés en France, à peine une trentaine sur les 140 sites potentiels, selon le bureau d'études Solagro, basé à Toulouse. G.A.S Environnement vient de signer pour l'exploitation d'un nouveau site en Gironde qui devrait ouvrir fin 2008.

A la faveur du Grenelle de l'environnement, les producteurs de chaleur ou d'électricité à partir de déchets ménagers, de boues d'épuration ou déchets agricoles, réunis au sein du Club Biogaz, espèrent bien obtenir la levée de freins réglementaires et contraintes techniques qui pèsent sur le lancement de leurs activités et leurs relations avec le distributeur national.

"Le biogaz pourrait représenter jusqu'à 10% de la consommation nationale de gaz," relève le Secrétaire général du Club, Claude Servais.

Publié le: 23/10/2007 à 14:25:01 GMT Source : AFP
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