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La crise du PS, symptôme d'une crise de la social-démocratie européenne
Jean-Luc Mélenchon le 21 juillet 2008 lors du Congrès à Versailles (© AFP/Archives - Thomas Coex)
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PARIS (AFP) - La crise du PS français est d'abord le reflet d'une crise de la social-démocratie européenne : tous les partis de la gauche traditionnelle du Vieux Continent souffrent, à des degrés divers, d'une désaffection, notamment dans les couches populaires.
"En Europe occidentale, les partis de centre-gauche sont en crise", diagnostique Ernst Hillebrand, directeur du bureau parisien de la Fondation du SPD Friedrich Ebert. Au pouvoir dans 11 des 15 pays de l'UE à la fin des années 90, la gauche a, depuis, accumulé les revers: 15 défaites sur 17 élections nationales depuis juin 2006.

Un peu partout, les partis sociaux-démocrates perdent des adhérents en masse, comme en Allemagne, et leurs électeurs se tournent vers une gauche plus radicale (Die Linke, outre-Rhin) ou l'extrême droite (Autriche). Selon un sondage de l'institut Allensbach, 40% des adhérents du SPD pensent que "le parti a perdu ses origines de gauche".

Avec la crise financière et économique, où la puissance publique, instrument privilégié de régulation pour les sociaux-démocrates, est appelée à la rescousse, le chef du PS François Hollande prédit pourtant "le retour du temps des sociaux-démocrates".

Pas si simple, selon M. Hillebrand. Différent de celui du PS français alors porté par Lionel Jospin, le projet du centre gauche européen - "troisième voie" de Tony Blair, "nouveau centre" de Gerhard Schroeder - "se révèle désormais en partie dépassé". Ceux-là "se présentèrent à de nouvelles catégories d'électeurs issus des classes moyennes comme les +gestionnaires plus efficaces du capitalisme+".

Déréglementation du droit du travail, baisse des prestations sociales, fiscalité moins redistributive, accélération des privatisations ont été mariées à un effort massif de formation professionnelle, aux résultats décevants selon ce chercheur, pour que l'ascenseur social continue de fonctionner. Ce qu'on a appelé en France le "social-libéralisme".

C'est la conséquence de la mondialisation.

La social-démocratie s'est construite dans les années 1930 sur un compromis entre l'Etat national et des forces sociales organisées syndicalement.

Aujourd'hui, "le capital s'est transnationalisé", note l'ex-ministre Jean-Luc Mélenchon, qui a quitté le PS, le jugeant pas assez à gauche : délocalisation pour diminuer le coût du travail et assurer des dividendes élevés aux actionnaires, baisse des prélèvements sociaux et fiscaux pour attirer les capitaux.

"La globalisation a réduit les marges de manoeuvre de la redistribution", constate Alain Bergounioux, chargé des études au PS.

Cette évolution, marquée par l'aggravation des inégalités, a contribué à "décrédibiliser la principale promesse de la gauche réformiste : représenter les intérêts des petites gens", soutient M. Hillebrand.

"C'est surtout avec les +couches populaires+ que le contact semble perdu", s'alarme-t-il, laissant les partis sociaux-démocrates "désemparés". En France, le PS "parle à la social-bobocratie", peste M. Mélenchon.

Selon Henri Weber, socialiste fabiusien, "au lieu d'inventer de nouvelles réponses à la mondialisation, les partis socialistes et sociaux-démocrates se sont trop souvent repliés sur des solutions nationales". M. Bergounioux juge impératif que l'Europe et le monde se dotent "de nouveaux outils de régulation" pour faire contrepoids à la mobilité trans-frontières du capital.

Pour M. Hilleband, le centre-gauche doit à la fois ne pas oublier le centre et "ancrer son discours dans la réalité du quotidien de son électorat".

Publié le: 11/11/2008 à 10:52:42 GMT Source : AFP
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