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La crise au PS assombrit le bilan de François Hollande
Le Premier secrétaire sortant du PS, François Hollande, au congrès de Reims le 15 novembre 2008 (© AFP/Archives - Denis Charlet)
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PARIS (AFP) - Les convulsions autour de la succession de François Hollande, patron du PS pendant onze ans, ont considérablement assombri son bilan qui était déjà jugé mitigé.
Après un Congrès de Reims calamiteux, le député de Tulle quitte la direction d'un PS coupé en deux, offrant au pays un spectacle de zizanies, de guerres de chefs, sur fond d'accusation réciproques de fraudes, devant des militants désemparés.

Face à cette crise sans précédent opposant le camp de Ségolène Royal à celui de Martine Aubry pour conquérir le poste qu'il abandonne, le patron sortant est quasi-inaudible, ses appels à "l'esprit de rassemblement", au "sang-froid" ne refroidissent en rien l'ardeur des acteurs de la guerre fratricide.

Incapable d'imposer le successeur de son choix- le maire de Paris Bertrand Delanoë - le premier secrétaire lance un appel à l'unité au Congrès de Reims, qui reste ignoré. Il dénonce alors "le démon de l'ambition personnelle" qui dévore les chefs de courants, dont la plupart louchent vers l'Elysée.

"Malgré toutes les circonstances atténuantes qu'il faut lui reconnaître - la division du parti, des ténors qui veulent tous être candidats à la présidentielle - son bilan global est négatif", estime Gérard Grunberg directeur de recherche à Sciences po.

"Il n'a pas favorisé le renouvellement du parti et n'a pas réussi à l'adapter à la pression" des règles de la Ve République, où prévaut la présidentialisation", juge ce politologue. "C'était durer pour durer, il laisse un parti balkanisé".

Ses arrière-pensées et calculs pour favoriser - en vain - sa propre candidature à l'Elysée lui sont aussi reprochés.

Mais François Hollande restera aussi comme celui qui a sauvé de la dérive un PS déboussolé par la défaite de Lionel Jospin en avril 2002.

Il a présidé à des victoires éclatantes aux élections locales et européennes.

Mais le pouvoir central échappe au PS: deux défaites aux présidentielles et législatives de 2002 et 2007, installent le Parti dans le fauteuil d'éternel opposant.

C'est après le raz-de-marée socialiste aux régionales de 2004 que le député de Tulle avait connu son heure de gloire: popularité au zénith, classement parmi les présidentiables. Mais le référendum européen de 2005 casse le rêve: son autorité est bafouée par Laurent Fabius, par la base et les électeurs qui votent non.

Fin tacticien, pragmatique, maniant humour et ironie, François Hollande a une obsession au congrès du Mans de novembre 2005: empêcher l'explosion du parti. Il échafaude une synthèse qui lui sera reprochée, souvent par ceux-là mêmes qui l'avaient signée. "Il a entraîné tout le monde dans de fausses synthèses", critique Gérard Grunberg.

Stéphane Le Foll, son plus fidèle allié, assure: "les divisions existaient avant lui. Pendant 11 ans, il a cherché à rassembler par le compromis".

"Ce n'est pas la première fois que le PS affronte une telle crise. En 1993, le parti a failli exploser dans la rivalité entre Fabius et Rocard", rappelle l'historien socialiste Alain Bergounioux.

Pour François Miquet-Marty, analyste à Viavoice, "il serait excessif d'imputer la responsabilité de la crise au seul Hollande. Il a ménagé une cohabitation de sensibilités très différentes".

"Mais il n'est pas parvenu à construire l'après-Mitterrand, à mettre en place un leadership et un présidentiable socialiste incontesté, là est son échec", note cet analyste.

Juste avant l'ouverture du Conseil national où il devait passer le témoin, M. Hollande a lancé un ultime "appel au sursaut".

Publié le: 25/11/2008 à 16:05:26 GMT Source : AFP
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