| La corruption, l'autre facteur de la défaite du parti de Bush au Congrès |
| WASHINGTON (AFP) - Plusieurs responsables américains, à commencer par le président Bush, ont mis sur le compte des scandales de corruption ayant éclaboussé le parti républicain la perte de la Chambre des représentants dans les élections de mardi. |
"Les gens veulent que leurs parlementaires soient honnêtes et moraux, et dans certaines élections, c'était le principal facteur", a déclaré le président Bush lors de sa conférence de presse de mercredi, où il assumé sa part de responsabilité pour la "raclée" essuyée.
Même diagnostic chez les démocrates, où Rahm Emanuel, le coordinateur de la campagne de reconquête de la Chambre des représentants, a souligné l'impact dévastateur des scandales.
"Si vous faites la liste, (...) toutes les circonscriptions (républicaines) où se posaient des questions sur le comportement professionnel des élus ont basculé et sont devenues démocrates", a souligné M. Emanuel. "Cela a représenté huit sièges, la moitié des 15" qu'il fallait conquérir pour un basculement de majorité.
"Cela faisait un an qu'on voyait que la corruption pesait lourd", a assuré de son côté dès mardi soir le président du parti démocrate Howard Dean.
En réaction, la prochaine présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi, a promis de faire le ménage. "Nous allons faire de cette législature le Congrès le plus honnête, le plus moral et et plus ouvert de l'Histoire", a-t-elle promis.
D'ailleurs, un sondage réalisé à la sortie des urnes pour CNN mardi avait montré que la corruption était le premier dossier cité par les électeurs pour motiver leur vote (41%), bien avant l'Irak (36%).
Et pourtant, depuis quelques mois l'opposition démocrate semblait réticente à centrer trop exclusivement sa campagne sur la dénonciation de la "culture de corruption" régnant selon elle à Washington.
Pourtant, les arguments ne manquaient pas: un ancien représentant, Randy Cunningham, purge huit ans de prison pour avoir accepté des pots de vin de la part d'un industriel du secteur de la Défense.
Un autre, Bob Ney, a avoué sa participation à un vaste réseau de trafic d'influence coordonné par le sulfureux lobbyiste Jack Abramoff, proche des républicains, qui depuis près d'un an coopère à l'enquête des autorités.
Quant à l'ancien tout puissant chef de la majorité républicaine Tom DeLay, surnommé en son temps "le Marteau" pour la discipline qu'il faisait régner parmi ses troupes, il a dû quitter le Congrès l'été dernier à la suite de son inculpation dans une affaire de financement électoral, alors qu'il était également mis en cause pour son amitié avec Jack Abramoff.
Mais ces derniers mois, les démocrates avaient dû très nettement modérer leurs attaques sur le thème de la corruption, de peur qu'elles se retournent contre eux.
Finalement, pourtant, les soupçons de corruption ne semblent pas avoir coûté de siège aux démocrates.
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| Publié le: 09/11/2006 à 08:38:00 GMT |
Source : AFP |
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