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Congrès de Reims: le PS échoue à trouver une majorité et un leader
L'ex-candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, à Reims le 15 novembre 2008 (© AFP - Denis Charlet)
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REIMS (AFP) - Pour la première fois depuis le funeste Congrès de Rennes en 1990, le PS va sortir dimanche de son 75e congrès à Reims sans majorité pour le gouverner, après avoir échoué à trouver le moindre accord sur une orientation et un nouveau leader.
Sortie en tête du vote des militants le 6 novembre avec 29% des voix, Ségolène Royal n'est pas parvenue à réunir une majorité du parti autour des orientations qu'elle proposait pour "la rénovation" du Parti socialiste.

Cela ne constitue pas vraiment une surprise en raison de l'hostilité qu'elle suscite au sein du PS.

L'ex-candidate à la présidentielle a quitté la commission des résolutions, l'instance restreinte qui traditionnellement confectionne les synthèses de congrès, au bout de trois heures d'une réunion qualifiée de part et d'autre de "simulacre de dialogue".

"Les militants vont avoir maintenant la parole, dès jeudi prochain (lors du vote pour élire le premier secrétaire). La main tendue aux autres partenaires n'a pas été saisie", a déclaré devant la presse Mme Royal, candidate à ce poste, sans acrimonie apparente.

Son départ a été suivi d'une rencontre à trois, qui n'a pas connu plus de succès, entre les chefs de file des trois autres grandes motions, Bertrand Delanoë, Martine Aubry (25% environ chacun) et Benoit Hamon (19%). Si un accord paraissait possible sur un texte commun, il n'a pu se faire sur un candidat unique.

Harlem Désir, lieutenant de M. Delanoë, a relevé que le PS se trouvait "dans une situation inédite": "nous (le PS) n'avons pas de majorité", "un premier secrétaire va être élu sans être soutenu par une majorité, dans l'immédiat", a-t-il dit.

"Nous sortons du congrès comme on y est rentré", a déclaré pour sa part Michel Sapin, proche de Bertrand Delanoë. Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés PS, a reconnu "un échec général".

Pour le premier secrétaire sortant François Hollande, "personne n'a gagné mais beaucoup a été perdu dans la recherche d'une majorité". Il s'est cependant voulu rassurant. En désignant au suffrage universel un candidat, "cette majorité de militants induira forcément une majorité dans le PS", a estimé M. Hollande.

Depuis l'ouverture du Congrès, le principal point de blocage s'est cristallisé autour des alliances entre socialistes et centristes du moDem que Mme Royal juge souhaitable d'ici 2012 pour évincer Nicolas Sarkozy. Une option que refuse l'ensemble des autres courants.

Pour lever ce qu'elle considère comme "un prétexte" visant à lui faire obstacle, la présidente du Poitou-Charentes avait proposé samedi devant le congrès une "consultation directe des militants" sur cette question.

Outre Ségolène Royal, Benoît Hamon, 41 ans, issu de la gauche du parti, est candidat déclaré. Il table sur le soutien de Mme Aubry, espérant que "quelque chose se passe dans les 48 heures". La maire de Lille n'a pas fait connaître sa décision, pas plus que M. Delanoë.

"Il n'y a pas de raison de présenter un candidat s'il n'est pas porté par une majorité", a néanmoins estimé Harlem Désir.

Le maire de Paris revendiquait le leadership pour un responsable de sa motion. Devant les difficultés à le faire reconnaître, il aurait proposé le nom de Benoît Hamon, selon des proches de l'eurodéputé mais les amis de François Hollande et Pierre Moscovici auraient mis leur veto.

Publié le: 16/11/2008 à 06:15:53 GMT Source : AFP
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