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Dossiers » Soldats tués en Afghanistan: émotion et... Dossiers » Soldats tués en Afghanistan: émotion et...
"Le coeur lourd", les soldats français en Afghanistan continuent leurs opérations en Kapisa
Les forces françaises en présence en Afghanistan (© AFP/infographie)
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BASE AVANCEE MORALES-FRAZIER (AFP) - "Quand on tombe de cheval, il faut remonter dans la foulée": deux jours après la mort de dix de leurs frères d'armes, les soldats français de la province de Kapisa (est de l'Afghanistan) poursuivent mercredi leurs opérations, "le coeur lourd".
De retour de cinq heures d'une épuisante patrouille dans une chaleur infernale, le capitaine Vincent X. (son nom ne peut être divulgué pour raisons de sécurité) descend de son blindé, harnaché dans son gilet pare-balles, fusil d'assaut à la main, un pistolet glissé dans un étui barrant la poitrine.

"On pense à nos camarades. Ce matin, on a organisé une belle cérémonie et on continuera à leur rendre hommage en remplissant la mission le mieux possible", confie-t-il.

Au même moment, le président français Nicolas Sarkozy effectuait une visite éclair à Kaboul pour promettre la poursuite du "combat contre le terrorisme" et se recueillir devant les cercueils des soldats tués lundi dans une embuscade tendue par une centaine de talibans.

Quelques heures plus tard, ils sont une quarantaine à suivre en direct le journal de 13 heures sur la "base d'opérations avancée" Morales-Frazier, baptisée en mémoire de deux soldats américains décédés au combat.

Le journal ouvre sur la visite du président Sarkozy, le rapatriement à Paris des blessés et les témoignages de familles de soldats tombés lundi. Les visages sont graves et certains essuient discrètement une larme. Puis quelqu'un lance: "allez, au boulot!", et chacun retourne à ses occupations.

La base Morales-Frazier est l'un des deux camps de Kapisa où les 700 hommes envoyés en renfort par le France cet été ont relevé la 1O1e Airborne américaine. Située à 80 km environ à l'est de Kaboul, elle est à une demi-heure d'hélicoptère de la capitale mais il faut compter trois heures trente par la route.

Le paysage est grandiose: la base, située à 1.500 mètres d'altitude, est cernée de montagnes arides, des canyons asséchés alternant avec des vallées verdoyantes.

Mais autour de ce camp retranché, le danger est omniprésent, et chaque patrouille, une épreuve.

Dans la soirée, le commandant du 8e RPIMa (Régiment de parachutistes d'infanterie de marine), le colonel Jacques Aragonès réunit cinq hommes du rang dans la pénombre qui envahit le camp. Ces cinq soldats ont fait leurs classes dans la section des soldats tués lundi et ont vécu ainsi six mois ensemble.

"Maintenant, à chaque fois que nous partons en patrouille, ils seront avec nous", confie Mikael, 25 ans, "on vit tous plus intensément avec la conscience que ce qui leur est arrivé peut nous arriver aussi et que nous pouvons les rejoindre".

Ce jour-là, la patrouille du capitaine Vincent X. est rentrée sans encombre. "C'était un village perdu dans les montagnes où nous n'étions jamais allés", explique-t-il.

Mais les accrochages ici sont nombreux. "Un tous les deux jours", précise le colonel Aragonès. "Quand je parle d'accrochages, ce ne sont pas simplement des tirs sur la base, mais des confrontations où l'on fait intervenir de l'appui, où l'on utilise nos mortiers et où l'on déploie l'ensemble de nos capacités de combat", ajoute-t-il.

Publié le: 21/08/2008 à 08:08:16 GMT Source : AFP
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