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Dossiers » Ingrid Betancourt à Paris Dossiers » Ingrid Betancourt à Paris
Le caporal William Perez, infirmier improvisé, a sauvé la vie d'Ingrid
Ingrid Betancourt et William Perez le 2 juillet 2008 sur la base aérienne la Catam à Bogota (© AFP - Rodrigo Arangua)
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BOGOTA (AFP) - Caporal de l'armée colombienne, William Perez, doté de notions d'infirmerie pour avoir travaillé à l'hôpital militaire de Bogota, a été l'ange gardien d'Ingrid Betancourt dont il a sauvé la vie.
"Il a été mon infirmier dans des moments où j'étais en très mauvaise santé. Je lui dois une reconnaissance toute particulière car s'il n'y avait pas eu William, aujourd'hui je ne serais pas ici", a tenu à souligner Mme Betancourt après sa libération mercredi par l'armée colombienne.

Agé de 36 ans, William Perez avait été lui-même enlevé le 2 mars 1998, lors d'un assaut des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste) contre sa caserne El Billar au sud du pays, dans le département de Caqueta.

"Elle était très affaiblie et j'ai dû lui administrer beaucoup de sérum, la nourrir avec soin car elle ne pouvait plus rien avaler et elle vomissait tout ce qu'elle ingurgitait", a raconté à la presse M. Perez, lui-même visiblement en mauvaise santé. "Je l'aidais à monter et descendre, elle n'avait plus d'énergie même pour marcher", a souligné l'ange gardien d'Ingrid Betancourt.

Les guérilleros avaient parfois des médicaments qu'ils ne savaient pas comment utiliser, et le jeune soldat qui s'en était rendu compte puisait de temps à autre dans leur stock pour soigner l'ancienne candidate des Verts à l'élection présidentielle. "La guérilla était en possession de médicaments mais ne savait pas à quoi ils servaient", a-t-il poursuivi.

"Parfois Ingrid me disait qu'elle voulait mourir car elle ne voyait pas d'issue. Elle a été très malade. Les preuves de vie que vous avez vu et qui ont scandalisé le monde, dataient pourtant d'un moment où sa santé s'améliorait. Pouvez-vous imaginer dans quel état elle était ?", a conclu le caporal Perez.

Dix autres officiers de l'armée et de la police, pour la plupart otages des Farc pendant plus de dix ans, portent tous les stigmates d'une vie pénible et rude d'otages dans la jungle, souffrant de paludisme et de leishmaniose. "Nous sommes très malades mais nous sommes sur pied car nous reprenons vie. Je veux que nos compagnons qui sont restés dans la jungle, sachent que leur tour va venir, que nous les attendons et travaillons à leur libération", a déclaré pour sa part le sous-lieutenant Raimundo Malagon, enlevé en août 1998.

Publié le: 04/07/2008 à 08:22:13 GMT Source : AFP
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