| Bush ouvre les portes à un changement politique en Irak |
| WASHINGTON (AFP) - Le président américain George W. Bush a créé mercredi les conditions d'un changement de politique en Irak après des mois de résistance, en remplaçant son secrétaire à la Défense et en affirmant la nécessité d'une "nouvelle perspective". |
En remplaçant Donald Rumsfeld par Bob Gates au lendemain d'une cuisante défaite électorale, M. Bush a substitué celui qui incarnait l'inflexibilité dans la conduite de la guerre et l'impopularité du conflit par un membre d'un groupe de travail qui devrait faire des recommandations à M. Bush pour tirer l'Irak et les Etats-Unis d'affaire.
Lors de la conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la démission de M. Rumsfeld, M. Bush a parlé à plusieurs reprises de "nouvelle perspective" et affirmé sa volonté de travailler avec la commission Baker-Hamilton sur l'Irak, une commission non-partisane qui pourrait préconiser un retrait graduel des troupes américaines.
Après avoir défendu pendant des mois son secrétaire à la Défense contre les appels à la démission, M. Bush a fait payer à M. Rumsfeld, l'un des principaux architectes de la guerre, le prix le plus lourd de la défaite des républicains aux élections parlementaires de mardi.
M. Bush lui-même a reconnu que "de nombreux Américains (avaient) voté hier soir pour signaler leur mécontentement devant le manque de progrès accomplis" en Irak.
"Après une série de conversations approfondies", dont la dernière le jour même des élections, "le secrétaire Rumsfeld et moi sommes convenus que le moment était le bon pour un nouveau leadership au Pentagone", a dit M. Bush, qui avait encore apporté un soutien remarqué à son ministre la semaine passée.
M. Bush s'est gardé de reprendre à son compte l'expression "nouvelle direction", dont les démocrates ont fait avec succès le slogan massue de leur campagne.
Mais "le secrétaire Rumsfeld et moi sommes convenus que, parfois, une nouvelle perspective est nécessaire. Et Bob Gates apportera une nouvelle perspective", a-t-il dit.
Les démocrates ont aussi retourné contre M. Bush et les républicains l'assurance donnée pendant des mois par le président qu'il "maintiendrait le cap" en Irak.
M. Bush a fini par renoncer à ces mots quelques semaines avant les élections. Il préférait dire que sa stratégie restait la même, qu'elle consistait dans la victoire, mais que les Etats-Unis "ajustaient constamment leur tactique".
Il a tenu les mêmes propos mercredi. Mais il a réaffirmé que les soldats américains, environ 150.000 en Irak actuellement, ne se retireraient pas prématurément.
"Je voudrais voir nos troupes rentrer moi aussi, mais je veux les voir rentrer avec la victoire", a-t-il dit.
Il a encore réfuté que l'Irak soit en proie à la guerre civile et a affirmé que ceux qui faisaient une analogie avec le Vietnam avaient tort.
Mais il a aussi exprimé son intention de travailler avec les démocrates ainsi qu'avec le Groupe d'études pour l'Irak, conduit par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker et l'ancien parlementaire démocrate Lee Hamilton.
Parmi les recommandations les plus spectaculaires que pourrait faire ce groupe figure un retrait graduel des troupes américaines et la reprise d'un dialogue avec les voisins iranien et syrien de l'Irak.
Le groupe pourrait présenter ses conclusions d'ici à la fin de l'année ou au début de l'année prochaine.
La Maison Blanche a d'abord été réticente à endosser son travail. Mais ce dernier est de plus en plus apparu comme un échappatoire pour elle à l'approche des élections.
M. Bush a indiqué qu'il devrait rencontrer M. Baker au début de la semaine prochaine.
Il a en outre tenté de dissiper une triple inquiétude: que les insurgés voient la justification des violences dans le retrait de M. Rumsfeld, que les Irakiens se sentent lâchés et que les soldats américains ne se croient plus soutenus.
|
| Publié le: 08/11/2006 à 20:58:40 GMT |
Source : AFP |
|
|