| Bush, menacé par la paralysie, tend la main aux démocrates victorieux |
| WASHINGTON (AFP) - George W. Bush a exprimé mercredi sa volonté de coopérer avec les démocrates qu'il n'avait pas habitués à cela mais qui ont les moyens de lui faire passer deux dernières années de présidence difficiles après leur conquête de la Chambre des représentants. |
La grande question est de savoir jusqu'où M. Bush est prêt à pousser la recherche du compromis avec des démocrates pour lesquels il n'a pas montré d'égards pendant six ans.
Or ces démocrates ont fait d'un "changement de direction" le slogan de leur campagne et, de toute évidence, c'est ce que les électeurs voulaient. Pour les démocrates, le changement commence en Irak. Or M. Bush a affirmé sa détermination à poursuivre l'engagement irakien, malgré l'hécatombe d'octobre.
Au lendemain de la défaite de son parti, M. Bush a signifié son intention de collaborer avec les démocrates en appelant leurs dirigeants pour les féliciter et en les invitant à déjeuner. M. Bush a "exprimé un fort esprit de bonne volonté et de coopération et ils se sont engagés à travailler ensemble", a dit une porte-parole de la Maison Blanche, Dana Perino.
M. Bush a convié la probable future présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ainsi que l'un des responsables démocrates à la Chambre, Steny Hoyer, à partager son déjeuner jeudi à la Maison Blanche.
Il a aussi invité le chef du groupe démocrate à la Chambre, Harry Reid, et le numéro deux démocrate au Sénat, Dick Durbin, à venir prendre le café vendredi.
Selon la Maison Blanche, M. Bush devait mettre en exergue le souci de bonne intelligence avec les démocrates lors d'une conférence de presse mercredi, pour sa première réaction publique aux élections.
M. Bush, qui a aussi appelé les chefs républicains mercredi, était "évidemment déçu", a dit un autre porte-parole, Tony Fratto. Mais il est "prêt à aller de l'avant en travaillant avec les deux partis".
Dès mardi soir et l'annonce de la victoire des démocrates, la Maison Blanche avait dit sa volonté de "travailler avec les dirigeants démocrates sur les questions prioritaires: gagner la guerre en Irak et plus largement la guerre contre le terrorisme et maintenir notre économie sur la voie de la croissance".
Après six années passées à gouverner avec des républicains, M. Bush a désormais le choix entre transiger avec les démocrates ou les affronter.
Les experts soulignent que le conflit n'est dans l'intérêt de personne: M. Bush risquerait de devenir ce que les observateurs appellent un "canard boiteux", un dirigeant condamné à l'inaction dans l'attente d'être remplacé en janvier 2009.
Il s'exposerait en outre aux représailles des démocrates. Ces derniers ont désormais le pouvoir de diligenter des enquêtes parlementaires contre l'administration. Elles seraient encore plus dangereuses si les démocrates prenaient le Sénat après la Chambre.
La compétition sénatoriale restait suspendue au décompte de quelques milliers de voix dans deux Etats.
Mais les démocrates auraient eux-mêmes avantage à ne pas pratiquer l'obstruction à tout prix. Elle serait périlleuse pour un parti qui doit montrer qu'il est à nouveau capable de gouverner avant la présidentielle de 2008.
Avec la gravité de la situation en Irak et le dessein démocrate de légiférer rapidement sur le salaire minimum par exemple, les bonnes volontés devraient être mises à l'épreuve bientôt.
La Maison Blanche a cependant souligné que, si "le Congrès a changé, les priorités restent les mêmes". "Dites-moi ce qui a disparu de l'agenda politique du président" depuis mardi, a demandé un haut responsable. "Les démocrates sont maintenant partie prenante à cette affaire. Attendons de voir comment ils mettent ça en oeuvre", a-t-il dit.
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| Publié le: 08/11/2006 à 17:28:35 GMT |
Source : AFP |
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