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Dossiers » La France prend la présidence de l'UE Dossiers » La France prend la présidence de l'UE
Bruxelles veut redorer son blason social avec une série de mesures
Les commissaires européens présentés par Barroso à Sarkozy le 1er juillet 2008 à Paris (© AFP - Francois Mori)
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BRUXELLES (AFP) - Souvent accusée d'ignorer les problèmes sociaux qui préoccupent les citoyens, Bruxelles présente mercredi une avalanche de propositions censées prouver le contraire, juste au début de la présidence française de l'UE et à un an des élections européennes.
"Après le Non irlandais, l'Europe doit être davantage concrète, protectrice, proche. Est-ce qu'il y a un meilleur domaine que le social pour avancer?", jugeait récemment le ministre français du Travail Xavier Bertrand, devant un groupe d'eurodéputés chargés des affaires sociales.

L'Europe sociale n'est pas l'une des grandes priorités de la présidence française, qui démarre mardi. Contrairement à la précédente en 2000.

La France amorcera néanmoins l'examen de trois nouveaux projets de loi, présentés mercredi par l'exécutif européen. Ils porteront sur les droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers, la lutte contre les discriminations en dehors du marché du travail, et un meilleur fonctionnement des comités d'entreprises européens.

La Commission compte aussi faire le point sur d'autres sujets sensibles, comme les conditions de vie de la communauté rom (tzigane) ou encore les services sociaux d'intérêt général. Arrivera-t-elle à convaincre?

Les 27 pays de l'UE peinent généralement à se mettre d'accord sur des normes sociales communes, même minimales, tant ils souhaitent conserver leurs prérogatives sur ces questions. Britanniques en tête. Ainsi, un projet de loi garantissant aux salariés de ne pas perdre leur droit à une retraite complémentaire en changeant d'entreprise, est actuellement bloqué.

Et la Commission --qui initie les lois soumises aux Etats-- se concentre avant tout sur l'ouverture des marchés à la concurrence, garante selon elle de nombreux bénéfices pour les citoyens.

La Confédération européenne des syndicats (CES) n'a de cesse de réclamer pour l'Europe "une vraie dimension sociale", mise au rancart depuis dix ans. "L'UE doit changer de cap au risque de mettre au pilori le projet européen et d'engendrer un divorce avec ses citoyens", juge sa direction.

"Les citoyens européens ont l'image d'une Europe qui s'attaque aux droits des travailleurs et qui est subordonnée à l'Europe des marchés. Cette perception est sans doute une des raisons majeures du Non irlandais", selon la CES.

En novembre dernier, le président de la Commission José Manuel Barroso avait hérissé les partisans de l'Europe sociale, en jugeant "inutile" d'envisager une loi clarifiant la place des "services d'intérêt général". Or la défense des services publics avait joué un rôle clef en France en 2005 dans la victoire du "non" au référendum sur l'ex-Constitution européenne.

Surtout, une récente série de jugements de la Cour européenne de justice a suscité la colère des syndicats qui crient au "dumping social". Ces arrêts concluent notamment que les travailleurs détachés à l'étranger dans les services ne doivent pas forcément être assujettis aux conventions collectives de leur pays hôte.

A contrario, après des années de blocage les pays de l'UE viennent de trouver un accord améliorant nettement les droits des travailleurs intérimaires.

Ils ont aussi arraché un difficile compromis politique pour resserrer un peu --sans toutefois les supprimer-- les règles autorisant les salariés à travailler plus que la semaine légale de 48 heures par semaine (jusqu'à la limite de 60-65 heures). Un "progrès" soutenu par la France juste avant d'entamer sa présidence, mais qui n'a pas convaincu nombre d'eurodéputés désireux de barrer le texte au Parlement.

Publié le: 02/07/2008 à 08:46:36 GMT Source : AFP
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