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Dossiers » L'aide arrive en Birmanie Dossiers » L'aide arrive en Birmanie
Birmanie: des généraux richissimes face à une population misérable
Le généralissime Than Shwe, le 27 mars 2008 à Naypyidaw (© AFP/archives - Khin Maung Win)
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BANGKOK (AFP) - Les généraux à la tête de la Birmanie sont accusés d'être immensément riches alors que la population du pays, autrefois parmi les plus prometteurs d'Asie grâce à d'abondantes ressources naturelles, n'a cessé de s'enfoncer dans la misère.
Ces hauts gradés au pouvoir "sont très riches, bourrés de fric", affirme l'analyste birman réfugié en Thaïlande, Aung Naing Oo.

La Birmanie "est une dictature militaire et lorsque vous êtes dans une position de pouvoir au sein de l'armée, vous pouvez vous enrichir facilement", résume-t-il. L'armée, totalement aux commandes depuis 1962, "monopolise beaucoup de choses comme les contrats sur le bois, sur le riz, tout ce qui peut se vendre à l'étranger", poursuit l'opposant.

Dès le lancement dans les années 1960 par le dictateur Ne Win de la "Voie birmane vers le socialisme", l'armée --Tatmadaw-- forte de plus de 400.000 hommes met en oeuvre une nationalisation des secteurs industriel et commercial, jusqu'à être aujourd'hui un acteur incontournable de la vie des affaires.

Selon diverses statistiques, les forces armées représentent près de la moitié du budget de l'Etat et 5% du produit intérieur brut. Ce PIB est l'un des plus faibles de la planète, plaçant la Birmanie loin derrière le Cambodge, le Laos ou le Bangladesh.

Le régime ne consacre que 0,3% de ce PIB à la santé et 1,3% à l'éducation, selon les Nations unies. Et, d'après le Fonds monétaire international, le revenu par habitant et par an plafonne à 235 dollars.

Un foyer sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, relève la Banque mondiale, alors que le pays dispose d'importantes ressources naturelles (gaz, pétrole, or, rubis, teck, cuivre) que convoitent la Chine, l'Inde, la Russie ou ses voisins d'Asie du Sud-Est (Thaïlande, Singapour, Malaisie...)

En 2007, le régime birman aurait gagné 2,7 milliards de dollars grâce aux exportations de gaz naturel, soit une augmentation de 80% sur un an, rapportait le mois dernier un journal gouvernemental.

Sean Turnell, spécialiste de l'économie birmane à l'université australienne Macquarie, évalue ainsi à quatre milliards de dollars le montant des réserves en devises étrangères dont disposent les plus hauts gradés.

Ces réserves "augmentent de 150 millions de dollars par mois", affirme-t-il.

Mais "il semble que seuls les plus hauts dignitaires du régime aient accès (à ces devises) et, en fait, l'armée elle-même n'a pas idée des richesses accumulées dans le pays", explique l'universitaire.

Et alors que la junte jouit d'un train de vie fastueux --des images du somptueux mariage de la fille de Than Shwe avaient circulé sur l'internet fin 2006--, le pays, peuplé d'au moins 50 millions d'habitants, s'est enfoncé ces dernières décennies dans une misère noire, surtout si on le compare à ses voisins.

A l'indépendance, en janvier 1948, Rangoun était une majestueuse capitale régionale tandis que Bangkok, aujourd'hui l'opulente mégalopole thaïlandaise, n'était qu'une bourgade de province.

"Tandis que la plupart des pays d'Asie ont progressé en matière de (...) libertés politiques et de développement économique, la Birmanie s'est atrophiée", souligne un récent rapport de l'International Crisis Group.

Depuis qu'il a accédé au pouvoir en 1992, le généralissime Than Shwe, qui dirige le Conseil d'Etat pour la Paix et le Développement (SPDC), a accéléré le repli de la Birmanie sur elle-même.

Depuis plus de dix ans, le régime est en outre frappé par des sanctions américaines et européennes qui ont été renforcées après la répression, en septembre 2007, d'un mouvement de protestation contre la vie chère conduit par des moines bouddhistes.

Publié le: 11/05/2008 à 13:45:18 GMT Source : AFP
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