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Benoît Hamon veut incarner "l'arme anti-Sarkozy" du PS
Le socialiste Benoît Hamon, le 16 novembre 2008 au Congrès du PS à Reims (© AFP - Denis Charlet)
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REIMS (AFP) - Benoît Hamon, 41 ans, candidat à la succession de François Hollande, est le seul des "quadras" du PS à avoir opéré une soudaine percée dans un parti où dominent "les éléphants", symbolisant la relève après onze ans de "hollandisme".
En quelques semaines, ce breton, fils d'une secrétaire et d'un père ouvrier aux arsenaux de Brest, a commencé à se faire un nom, confirmant une ascension que les familiers du PS avaient prédite depuis des mois.

Seul candidat déclaré à la succession de François Hollande jusqu'à vendredi, l'eurodéputé porte les couleurs de la gauche du parti, dont il est parvenu à réunir toutes les composantes derrière lui, une unité quasiment sans précédent.

Mais il refuse de se laisser enfermer dans une minorité. "Nous sommes au centre de la gauche", répète-t-il.

Ce militant de la fédération de l'Essonne avait créé une surprise le 6 novembre en obtenant 19% environ des votes des adhérents, alors même qu'il risquait de souffrir d'un vote utile en faveur de Martine Aubry, occupant le centre-gauche du parti.

Benoît Hamon incarne à la fois l'ancrage à gauche et le renouvellement du PS, après que "le vieux chef" Henri Emmanuelli lui eut passé le témoin en juin. "C'est un garçon intelligent, incontestablement une figure d'avenir du PS", dit de lui le député Manuel Valls qui se situe pourtant à droite sur l'échiquier du PS.

Parmi les successeurs possibles, "ce ne serait pas le plus illégitime", confiait François Hollande à La Rochelle, en septembre 2007.

Courts cheveux noirs, beaux yeux bleus, M. Hamon a "une gueule", un discours tranchant et des formules qui font mouche. Parfois présenté comme "l'arme anti-Besancenot" du PS, Benoît Hamon réplique: "qu'on ne me demande pas d'éteindre le feu Besancenot, ce qui m'intéresse, c'est d'éteindre le feu Sarkozy".

Contrairement à beaucoup de socialistes, Benoît Hamon n'a aucune mansuétude pour le RSA. "Financer ce dispositif en faisant payer les petits épargnants et en exonérant les gros n'est pas une mesure de gauche", assène-t-il.

Licencié d'histoire, il s'engage en politique lors des manifestations étudiantes de 1986 contre le projet de loi Devaquet, puis entre au PS et devient président du Mouvement des jeunes socialistes (1993-1995). Membre du cabinet de Martine Aubry au ministère des Affaires sociales (1997-2000), il fonde, après la défaite de Lionel Jospin en 2002, le courant Nouveau Parti socialiste (NPS), avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, qui défend à la fois une rénovation et l'ancrage à gauche du PS. Aujourd'hui, Vincent Peillon conseille Ségolène Royal et Arnaud Montebourg soutient Martine Aubry.

Favorable au "non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen (TCE), Benoît Hamon respecte la position de son parti en faveur du "oui" et ne fait pas campagne.

Il devient secrétaire national du Parti socialiste, chargé du projet européen, après le Congrès du Mans (2005), et démissionne de ce poste deux ans plus tard lorsque la direction du PS dit "oui" au Traité de Lisbonne.

Le public découvre ce jeune homme vif, au débit ultra-rapide, lorsqu'il assume le rôle de porte-parole pour les élections législatives de 2007. Mais c'est la campagne pour le Congrès de Reims qui le fait vraiment sortir de l'anonymat.

Publié le: 16/11/2008 à 11:30:27 GMT Source : AFP
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