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Barack Obama face aux excès intérieurs de la "guerre contre le terrorisme"
L'entrée du camp militaire américain de Guantanamo le 23 juillet 2008 (© AFP/Archives - Randall Mikkelsen)
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WASHINGTON (AFP) - Le président élu Barack Obama va devoir s'atteler à la tâche très délicate de rétablir les principes constitutionnels et les libertés individuelles bafoués aux Etats-Unis par la "guerre contre le terrorisme" menée par son prédécesseur, estiment des associations.
"La victoire de Barack Obama nous donne, à nous qui nous soucions de liberté, une chance de rétablir les droits constitutionnels et de progresser vers plus de liberté", a déclaré au lendemain de l'élection la puissante association américaine de défense des libertés individuelles (Aclu).

L'association Human Right First (Droits de l'Homme d'abord) a aussi pressé le nouveau président, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, de "tourner rapidement la page des politiques de torture et des autres abus qui ont privé les Etats-Unis de leur capacité à être un leader pour les droits de l'Homme ces sept dernières années".

Prison de Guantanamo, écoutes téléphoniques, arrestations au faciès, perquisitions sans mandat, usage de la torture pendant les interrogatoires, prisons secrètes de la CIA (l'agence de renseignement américaine): la décision des Etats-Unis, au lendemain du 11-Septembre, d'entrer en "guerre contre le terrorisme" n'a pas seulement eu un impact militaire.

A l'intérieur des frontières américaines, le "Patriot Act", une série de lois adoptées cinq semaines après les attentats, a posé les bases d'une politique accordant des pouvoirs élargis à l'exécutif, à ses agences de renseignement et aux forces de l'ordre au nom de la lutte anti-terroriste.

Tant au Congrès que dans les associations, ses détracteurs y ont surtout vu un moyen pour le président George W. Bush de limiter les libertés individuelles et de piétiner la plupart des principes de la Constitution américaine.

Le Patriot Act permet par exemple au FBI (police fédérale) de consulter les dossiers médicaux ou scolaires de quelqu'un ou les documents de n'importe quelle entreprise, dans le cadre d'une enquête dans une affaire d'espionnage ou de terrorisme ou de procéder à des perquisitions sans mandat.

Mais au-delà, les excès de l'administration Bush ont donné lieu à leur lot de scandales, comme les écoutes téléphoniques et électroniques d'Américains en liaison avec l'étranger, autorisées secrètement par M. Bush après le 11-Septembre et qui ont provoqué un tollé dans l'opinion lors de leur révélation par la presse en 2005.

La prison de Guantanamo, où des centaines de détenus sont enfermés pour certains depuis près de sept ans sans être inculpés, au nom de la "guerre contre le terrorisme", reste néanmoins l'héritage le plus lourd pour l'image américaine dans la communauté internationale.

La Cour suprême des Etats-Unis elle-même est intervenue pour reconnaître à ces hommes des droits constitutionnels comme celui de contester leur détention.

M. Obama a promis de fermer Guantanamo même si la faisabilité d'une telle promesse, en tout cas dans l'immédiat, reste en question.

"Si le nouveau président est sérieux dans ses intentions de reconstruire le lien avec les alliés et de faire la preuve des valeurs américaines, c'est la première chose qui sera observée", estime Bruce Hoffman, un spécialiste en terrorisme à l'Université de Georgetown.

Alors que la CIA s'est mise à disposition de M. Obama dès mercredi, celui-ci est également très attendu sur l'interdiction totale des pratiques d'interrogatoires musclés, voire assimilables à la torture. La CIA a avoué avoir pratiqué la simulation de noyade notamment sur les hommes accusés d'avoir fomenté les attentats du 11-Septembre.

Publié le: 09/11/2008 à 11:28:41 GMT Source : AFP
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