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Attaqué, le Luxembourg défend son choix "philosophique" du secret bancaire
Jean-Claude Juncker le 15 octobre 208 à Bruxelles (© AFP/Archives - Jean-Christophe Verhaegen)
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LUXEMBOURG (AFP) - Le Luxembourg, sous le feu des critiques, défend pied à pied son choix "philosophique" du secret bancaire en assurant qu'il ne fait pas du Grand Duché un "paradis fiscal" et que son importance pour l'économie du pays est largement exagérée.
"Etablir une équation entre secret bancaire et paradis fiscal ne tient pas la route", a lancé mardi soir à la télévision française France 2 le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, très énervé par les accusations contre son pays dans un reportage diffusé par la chaîne publique.

"La France n'est pas plus exemplaire en matière de moralité financière que le Luxembourg. La France aussi connaît des niches fiscales", a-t-il fait valoir, après la diffusion de ce reportage qu'il a jugé "superficiel" et réalisé par un journaliste "primaire".

Même si le Luxembourg ne figure pas sur la liste des paradis fiscaux de l'OCDE, il a été mis en cause mardi par le président français et président en exercice de l'Union européenne, Nicolas Sarkozy.

Tout en se défendant d'"attaquer" le Luxembourg, il avait espéré devant le Parlement européen que la réforme de l'architecture financière mondiale concerne aussi le Grand-Duché.

"On ne peut pas se battre à l'extérieur de notre continent contre certaines pratiques et les tolérer sur notre continent", avait-il souligné.

Le quotidien La Voix du Luxembourg a estimé mercredi que Jean-Claude Juncker avait "fait front avec vaillance" aux attaques contre son pays, et la directrice générale adjointe chargée de l'information de France 2, Arlette Chabot, a dû présenter ses excuses au Premier ministre luxembourgeois.

"Je vous demande de ne pas considérer ce reportage comme une nouvelle manifestation de +l'arrogance franco-française+ mais plutôt comme une insuffisance professionnelle", a écrit Mme Chabot, dans une lettre diffusée par le service de presse de M. Juncker.

Devant le Parlement luxembourgeois, M. Juncker avait néanmoins estimé mardi que le Grand Duché "devait être prêt à discuter" du secret bancaire dans le cadre d'une réforme du système financier international.

Mais il s'était gardé de dire que le petit Etat coincé entre la Belgique, l'Allemagne et la France, allait renoncer à la position qu'il a défendue durant des années, au risque de freiner l'harmonisation fiscale européenne.

En 2005, le Luxembourg avait donné son feu vert à une directive européenne sur la fiscalité de l'épargne, mais il avait opté, avec la Belgique et l'Autriche, pour le prélèvement d'un impôt sur les revenus de l'épargne des non-résidents en échange de la préservation du secret bancaire.

Mercredi, des responsables financiers du Grand-Duché sont à nouveau montés au créneau pour défendre les pratiques luxembourgeoises.

Le secret bancaire, protégé par la Constitution, est surtout une "question de philosophie", a assuré Didier Mouget, qui dirige le cabinet d'audit comptable PricewaterhouseCoopers Luxembourg, soulignant l'"importance de la protection de la vie privée pour les citoyens".

Le secret bancaire, s'il est important pour certaines activités des banques luxembourgeoises, "ne joue aucun rôle" dans d'autres facettes de leur métier, a-t-il assuré.

"Les hedge funds qui s'établissent au Luxembourg y viennent parce qu'ils y trouvent un cadre réglementaire et une expertise qui n'ont rien à voir avec le secret bancaire ou avec de l'évasion fiscale", a assuré un autre responsable du cabinet d'audit, Pascal Rakovsky, reprenant le discours classique des banquiers luxembourgeois.

La gestion de fortunes privées, une activité étroitement liée à l'existence du secret bancaire, ne représentait "que" 6% du Produit intérieur brut (PIB) luxembourgeois fin 2006, alors que l'ensemble du secteur financier pèse 46% du PIB du Grand Duché, selon la Commission de surveillance du secteur financier luxembourgeois.

Publié le: 22/10/2008 à 16:20:14 GMT Source : AFP
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