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Dossiers » Un séisme en Chine fait des milliers de morts Dossiers » Un séisme en Chine fait des milliers de morts
Après le séisme, des Chinois cherchent du réconfort dans la religion
Des offrandes brûlées le 19 mai 2008  en hommage à une adolescente tuée à Juyuan (© AFP - Peter Parks)
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JUYUAN (AFP) - La Chine a beau être un pays officiellement athée, une partie de sa population cherche dans la religion des réponses et du réconfort après des situations tragiques comme le séisme qui a frappé le sud-ouest du pays la semaine dernière.
Devant les ruines du collège de Juyuan, une ville de la province du Sichuan dévastée par le tremblement de terre, Li Jianjun est venue déposer une feuille de lotus blanche, un symbole bouddhiste. Le 12 mai, elle a perdu sa fille de 14 ans.

"Je viens ici tous les jours. Je n'arrive pas à croire que tout ça s'est vraiment passé", confie-t-elle les yeux fixés sur les décombres.

La religion est restée interdite trente ans en Chine après l'arrivée des communistes au pouvoir en 1949. Les trois décennies suivantes ont ensuite été marquées par un plongeon matérialiste dans la société de consommation. Mais la religion garde une emprise réelle sur la population, souvent dans un entremêlement de différentes croyances comme le bouddhisme et le taoïsme, et même sur ceux qui ne sont pas vraiment animés par la foi.

Le flot de familles en deuil est incessant à la morgue de Juyuan.

A l'entrée, certains en profitent pour vendre toutes sortes d'objets religieux sur des étals improvisés: de l'encens à brûler, des vêtements pour habiller les corps prêts à la crémation, de faux billets de banque qui partiront en fumée rejoindre les défunts dans l'au-delà.

"Même si un Chinois n'est pas croyant, il respectera les coutumes", explique Tian Zhaoyuan, professeur de traditions populaires à l'Ecole normale de la Chine de l'Est à Shanghai. "Quand on fait partie d'une communauté, il faut respecter les coutumes. Si tout le monde les suit et qu'on est le seul à ne pas le faire, on subit une forte pression", poursuit-il.

A la morgue, un homme de 45 ans se recueille sur le corps de sa soeur, morte le 12 mai dans l'effondrement du salon de beauté où elle travaillait. L'homme, qui se présente sous le nom de Tang, n'est pas vraiment croyant mais tient à la main des pétards qu'il fera craquer pour éloigner les mauvais esprits qui rôderaient autour des morts.

"Les traditions et les cérémonies apportent du réconfort dans des situations comme celles-là", glisse-t-il. Sur les décombres du collège de Juyuan, un jeune homme, qui lui aussi ne donne que son nom de famille, Liu, est venu déposer des bougies pour chacun des jours qui se sont écoulés depuis la catastrophe. Mais lui non plus n'est pas vraiment croyant.

"Je sais que certains occidentaux croient qu'on va au paradis après la mort. Nous, les Chinois, nous ne pensons pas tellement à ça", explique-t-il. "Nous cherchons surtout à honorer nos morts".

Publié le: 20/05/2008 à 08:25:45 GMT Source : AFP
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