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Dossiers » 40e anniversaire de Mai 68 Dossiers » 40e anniversaire de Mai 68
Les années 60, ou le début de la "massification" de l'enseignement supérieur
Des étudiants assistent à un cours, le 4 mars 2004 dans un amphitéâtre de l'Université Lyon 3 (© AFP/Archives - Fred Dufour)
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PARIS (AFP) - Les années 60 voient les générations nombreuses issues du baby-boom accéder de plus en plus massivement à l'université, un phénomène, parmi les sources de l'explosion de Mai 68, qui s'amplifiera jusqu'au milieu des années 1970.
"La massification de l'enseignement supérieur précède Mai 68 - c'est d'ailleurs l'un des ingrédients du mouvement: les effectifs croissent, donc les locaux universitaires ne suivent pas, les amphis sont bondés, cela débouche sur une crise logistique", explique à l'AFP Jean-Philippe Legois, directeur du Centre d'archives sur les mouvements étudiants (CAARME).

"Mai 68 est ensuite un accélérateur: le gouvernement met plus de moyens, recrute des enseignants, construit des établissements, ce qui fait que les effectifs continuent à augmenter encore plus fortement dans l'après-68", poursuit-il.

Selon une étude du Groupe d'Etudes et de recherche sur les mouvements étudiants (Germe), on passe ainsi de 200.000 à 300.000 étudiants entre 1950 et 1960, pour arriver à 850.000 inscrits en 1970. Ce sont les facultés et universités qui connaissent la plus forte augmentation.

L'âge moyen de fin d'études était de 15,2 ans en 1968 et il passera à 21,7 ans en 2006.

La sociologie du monde étudiant évolue parallèlement: chez les générations nées entre 1949 et 1953, à la fin des années 60, 69% des enfants de cadres étaient bacheliers, contre 5 à 6% seulement chez les fils d'ouvriers. Quarante ans plus tard, parmi les jeunes nés entre 1979 et 1982, 89% de ceux dont le père est cadre sont bacheliers, contre 48% pour les enfants d'ouvriers, selon le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche.

Dans le même temps, la diversification des filières s'accentue: les BTS (STS), créés en 1959 passent de 8.000 à 27.000 étudiants en une décennie, tandis que les IUT, créés en 1966, atteignent déjà le chiffre de 24.000 jeunes quatre ans plus tard.

Les autorités encouragent aussi les voies technologiques, le développement de nouvelles disciplines (sciences humaines et sociales, sciences de gestion), comme le lancement d'universités expérimentales (Vincennes, Dauphine).

Mais "massification" ne signifie pas "démocratisation": aujourd'hui, les étudiants dont les parents sont cadres supérieurs sont toujours plus nombreux, notamment dans les filières longues et dans les classes préparatoires aux grandes écoles, que les étudiants enfants d'ouvriers, qui rejoignent davantage les filières courtes (IUT, STS).

Publié le: 22/03/2008 à 07:25:01 GMT Source : AFP
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