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Andreï Bogdanov, l'énigmatique candidat à la présidentielle russe
Le candidat à la présidentielle russe Andreï Bogdanov, le 27 février à Moscou. (© AFP/Archives - Natalia KJolesnikova)
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MOSCOU (AFP) - Avec ses cheveux longs frisés et son visage rond, Andreï Bogdanov fait davantage songer à une rock-star sur le retour qu'à un candidat au poste de président de la vaste Russie, qu'il sera pourtant un des quatre seuls à briguer dimanche.
Chemise blanche sans cravate recouverte d'une veste noire, mains croisées, il répond sans se démonter à la poignée de journalistes venus une énième fois s'étonner cette semaine de sa présence dans la "course" à la succession de Vladimir Poutine.

"Je suis le seul candidat démocratique", se défend d'une voix posée Andreï Vladimirovitch (il a le même patronyme que M. Poutine), avant de rejeter, tout aussi placide, les "rumeurs" selon lesquelles le Kremlin l'a poussé à se lancer dans l'arène pour donner un air de pluralisme à une élection qui semble jouée d'avance.

Son programme se résume à une idée presque à contre-courant dans le contexte européen actuel : la nécessité pour la Russie d'entrer dans l'Union européenne "d'ici 10, 20, 30 ans, je ne sais pas" et, accessoirement, "dans l'Otan, sans les Etats-Unis", car "nous avons nos intérêts nationaux", manifestement incompatibles avec ceux des Américains.

Le contraste entre sa campagne et celle du candidat du pouvoir est on ne peut plus saisissant : quand l'omniprésent Dmitri Medvedev apparaît sur d'immenses affiches électorales à deux pas de la Place Rouge, Andreï Bogdanov se contente de distribuer dans un appartement moscovite quelques épinglettes avec sa photo, son nom, et le drapeau russe en toile de fond.

Le tout suivi de la mention "Président 2008", d'autant plus incongrue qu'il n'est crédité que d'un modeste 1% des suffrages dans un récent sondage, face aux 61% d'électeurs prêts à voter pour le dauphin de Vladimir Poutine. Tandis que ses deux autres "concurrents", le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov et l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, pourraient respectivement obtenir 9% et 7%.

Il faut dire que le Parti démocratique de Russie, le parti d'Andreï Bogdanov, "n'a pas assez d'argent", pour la bonne raison, assure ce dernier, que les grandes et moyennes entreprises du pays n'ont pas voulu prendre le risque de le financer afin ne pas avoir de "problèmes" avec le Kremlin.

C'est d'ailleurs l'unique critique à l'encontre de la présidentielle que se permet ce politologue qui vient de fêter ses 38 ans - "bien sûr je suis très jeune", concède-t-il - et se consacre à sa petite formation politique, l'une des plus anciennes de la Russie post-soviétique puisqu'elle a été fondée en mai 1990.

Lorsqu'on lui demande quelles sont ses différences avec Dmitri Medvedev, Andreï Bogdanov se contente d'un, "je n'ai jamais été un rond-de-cuir", avant de clamer haut et fort, "et je suis contre l'ingérence de l'Etat dans l'économie".

Ce natif de Mojaïsk, dans la région de Moscou, ajoute aussitôt qu'il est reconnaissant" au président Poutine d'avoir "développé sans heurts le pays", où, en fin de compte, "il y aura, petit à petit, plus de démocratie qu'aux Etats-Unis".

Caressant l'espoir de s'attirer les bonnes grâces de la "classe moyenne", il est moins loquace quand un journaliste russe l'interpelle sur son appartenance à la franc-maçonnerie, une "fraternité mondiale" dans laquelle il ne voit "rien de mal".

Interrogé un peu plus tard par l'AFP, Andreï Bogdanov laisse entrevoir sa fierté d'être "Grand maître" de la Loge fédérant, affirme-t-il, les françs-maçons de Russie, tout en déplorant l'aversion de la population à leur endroit, "liée à 70 ans d'URSS".

Publié le: 29/02/2008 à 12:45:49 GMT Source : AFP
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