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Les agences de notation ont fait la pluie et le beau temps... elles récoltent la tempête
Des traders le 30 octobre 2008 à Chicago (© AFP/Archives - Scott Olson)
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WASHINGTON AFP) (AFP) - Après les PDG des banques et des assureurs en déconfiture, c'est au tour des patrons des agences de notation, qui ont fait la pluie et le beau temps sur les marchés, de subir les foudres des parlementaires américains pour leur responsabilité dans la crise financière.
La Chambre des représentants les a accusés, lors d'une audition devant la commission de la Transparence et de la réforme du gouvernement, d'avoir ignoré tous les signaux d'alarme, d'avoir suivi la "foule délirante" de Wall Street et échoué à trouver "les icebergs toujours tapis dans les eaux de la finance mondiale".

A un moment, un des parlementaires a produit un message d'un analyste de la prestigieuse agence de notation Standard & Poors déplorant: les affaires pourraient avoir été conduites "par des vaches, nous les aurions notées !"

Le président de S&P Deven Sharma a trouvé la référence bovine "inopportune" mais relevé que cela montrait la liberté de parole accordée aux analystes de l'entreprise pour exprimer leurs inquiétudes.

Les agences comme Standard & Poors, Moody's ou Fitch, dont le métier consiste à évaluer la solvabilité et la qualité des emprunteurs sur les marchés, ou de produits financiers, sont dans le collimateur depuis le déclenchement de la crise du crédit à l'été 2007.

Leur rôle est capital car des notes qu'elles accordent, dépend ensuite le montant des intérêts que les créanciers auront à payer pour rembourser.

Il est reproché à ces agences d'avoir d'abord sous-estimé le danger des produits complexes liés aux emprunts hypothécaires à risque, échangés sur les marchés, puis tardé ensuite à tenir compte de la détérioration du marché dans leurs analyses.

"Nous reconnaissons que beaucoup des prévisions utilisées dans nos analyses (...) n'ont pas été confirmées", a avoué M. Sharma devant la commission.

La commission de la Chambre des représentants a aussi présenté le compte-rendu d'une réunion de dirigeants de Moody's en septembre 2007.

Le patron de l'agence, Raymond McDaniel, avertissait alors que ses concurrents de Fitch et S&P "devenaient fous", en donnant de bonnes notes à des investissements risqués.

La commission a encore cité les propos d'un directeur de Moody's, affirmant que les explications fournies par son agence à propos d'erreurs d'analyse faisaient passer ses employés "pour des incompétents (...) ou pour des gens ayant vendu leur âme au diable pour de l'argent".

La commission, dirigée par le réprésentant démocrate Henry Waxman, s'est également penchée sur le problème du conflit d'intérêt au coeur du système de notation, dans lequel les agences sont payées par des clients dont elles vont ensuite noter les titres.

Conséquence: les agences sont réticentes à déclasser les placements financiers, selon les auditions effectuées par les parlementaires.

Autre difficulté: le problème du "commerce de la notation" (rating shopping), dans lequel les banques d'investissements font le tour des agences pour trouver la meilleure note pour leurs titres.

Le représentant républicain Christopher Shays a déclaré qu'il n'avait plus confiance dans les agences depuis leur implication dans l'effondrement d'Enron fin 2001, où elles avaient été critiquées pour ne pas avoir alerté les investisseurs.

"Je me prends à penser que les agences de notation sont désormais inutiles", a-t-il dit. "Je ne leur ferais pas confiance si j'avais de l'argent à placer".

La commission avait précédemment entendu Richard Fuld, patron de la banque d'affaires Lehman Brothers, l'accusant d'avoir empoché des centaines de millions de dollars en salaire alors que son établissement s'effondrait.

Les représentants s'étaient également émus des vacances luxueuses des dirigeants d'AIG quelques jours à peine après le sauvetage de l'assureur par les autorités américaines pour 85 milliards de dollars.

Publié le: 23/10/2008 à 07:43:10 GMT Source : AFP
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