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Dossiers » Rugby: l'Afrique du Sud championne du monde Dossiers » Rugby: l'Afrique du Sud championne du monde
L'Afrique du Sud, les raison du succès
Les Sud-Africains Bryan Habana et Percy Montgomery, à l'issue de la finale du Mondial de rugby, le 20 octobre 2007 au Stade de France (© AFP/Pool)
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PARIS (AFP) - L'Afrique du Sud, sacrée samedi championne du monde de rugby, voit consacrer un arsenal sans doute plus complet que ses rivaux, mais surtout une excellence dans des vertus plus que jamais en vogue au Mondial-2007: défense, hyper-réalisme et résilience.
Le deuxième titre des Springboks (après 1995), quasiment au fond du trou il y a onze mois, ressert aussi un bon vieux cliché, asséné avec force - par l'Angleterre également - lors de ce Mondial à la Nouvelle-Zélande, l'Australie et la France: forme présumée et réputation valent moins que les prochaines 80 minutes.

Petit inventaire des clefs du succès sud-africain:

Les chiffres ne mentent pas. Avec Percy Montgomery, réalisateur N.1 (105 pts, 94% de réussite), Bryan Habana meilleur marqueur (8 essais, record de Lomu égalé), avec une touche souveraine (seule l'Australie fait mieux au décompte), les statistiques font des Boks les meilleurs, ou presque, dans tous les secteurs. Leur mêlée n'est pas conquérante ? Elle limite les dégâts, comme "experts" argentins et anglais s'en sont rendus compte.

Résilience. Les Springboks ont la peau dure. Ebranlés à deux reprises (par les Tonga (30-25) en poule, les Fidji (37-20) en quarts, ils gardèrent la tête froide, quand d'autres ténors la perdaient, et rétablirent la situation. Et finalement, ils ont moins tremblé en demi-finales contre l'Argentine (37-13) et en finale contre l'Angleterre (15-6). Préparation + exécution + méthode = calme: tel est leur équation sans romance. Ils s'y sont tenus.

Résilience (bis). Il y a onze mois, l'entraîneur Jake White était à 80 minutes du limogeage, après un quasi-record de six défaites de rang. Sauvé par un succès sur l'Angleterre à Twickenham, il a tenu bon, et devient à présent roi des techniciens. Le rugby, l'histoire, ont la mémoire courte, comme a souvent souri White à mesure que tombaient les "favoris", Nouvelle-Zélande, Australie, France. En cela aussi, les Boks sont en phase avec ce Mondial.

Stabilité. White ne cache pas son admiration pour Clive Woodward, manageur de l'Angleterre championne en 2003. Comme lui, il a joué la stabilité envers un groupe de joueurs qu'il accompagne depuis longtemps, un mélange de champions du monde des moins de 21 ans de 1999 (Smit déjà capitaine) et de ceux de 2002, avec une pincée de grognards (Du Randt, Montgomery). Sa foi en eux sur quatre ans, malgré des moments durs, a payé.

Défense-dissuasion. Les Boks voulaient égaler leurs glorieux anciens de 1995: ils y sont parvenus au-delà de leurs espérances, avec une finale sans goût ni grâce, sans essai comme en 1995. A défaut, on peut donc louer leur abnégation et agressivité en défense, avec mobilisation générale et réorganisation rapide: 648 plaquages à ce Mondial, neuf essais encaissés certes, mais un seul dans les "gros" matches (Angleterre deux fois, Argentine). Une étanchéité qui décourage la prise de risques. De la dissuasion, quoi.

Et pourtant, ils jouent. L'efficacité offensive sud-africaine, patente au premier tour (59-7 contre les Samoa, 36-0 contre l'Angleterre), a crevé l'écran en demie contre l'Argentine (37-13) avec quatre essais sur transformations ultra rapides de jeu à partir de miettes récupérées. Les Boks ont marqué 33 essais (seuls les All Blacks ont fait mieux). En Habana, Steyn, Pietersen, ils ont des "gamebreakers" décisifs dont rêverait toute sélection. Et qu'on rêverait de voir investis d'un rôle plus prépondérant. Pas à ce Mondial de pourcentage.

Le facteur "arc-en-ciel". Le contexte politico-racial si particulier de l'Afrique du Sud post-apartheid, de son sport jadis complice, pèse souvent sur les Boks. A l'inverse, quand le jeune Etat multiracial se range ostensiblement derrière son XV - le président Thabo Mbeki au milieu des joueurs, les messages de Nelson Mandela -, ils assurent y puiser "quelque chose de spécial". Après l'éphémère euphorie de 1995, à eux, cette fois, de transformer l'essai.

Publié le: 21/10/2007 à 18:28:07 GMT Source : AFP
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