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Afghanistan: Morin auditionné mardi par la commission Défense de l'Assemblée
Le ministre français de la Défense Hervé Morin le 19 août 2008 à Paris. (© AFP - Pierre Verdy)
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PARIS (AFP) - Le ministre de la Défense, Hervé Morin, sera auditionné mardi à 09H00 par la commission Défense de l'Assemblée nationale sur la situation en Afghanistan, a indiqué jeudi l'entourage du président de la commission Guy Teissier (UMP).
Guy Teissier quant à lui "a demandé que l'audition du ministre de la Défense soit conjointe avec une audition du ministre des Affaires étrangères", a ajouté la même source, sans pouvoir confirmer pour l'heure que Bernard Kouchner serait présent.

"A l'issue de l'audition, le président Teissier partira mardi en fin de matinée pour l'Afghanistan, d'où il reviendra vendredi", a-t-on précisé dans l'entourage du président de la commission Défense.

M. Teissier avait annoncé mercredi sa décision de réunir la commission "dès la semaine prochaine", "compte tenu de la gravité de la situation", après la mort lundi de dix soldats français dans une embuscade des talibans près de Kaboul.

Hervé Morin et Bernard Kouchner "se tiendront évidemment" à "la disposition des commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat", a affirmé mercredi le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.

Par ailleurs, le gouvernement a décidé d'organiser "une déclaration" sur l'Afghanistan, suivie d'un débat, dans le cadre de la session extraordinaire du Parlement à partir du 22 septembre, a annoncé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, jeudi devant la presse.

Après la mort de 10 soldats français, lors d'une embuscade tendue par les talibans lundi à l'est de Kaboul, l'opposition avait réclamé un débat au Parlement sur l'Afghanistan.

A distance, Nicolas Sarkozy a aussitôt répondu à la polémique naissante. En visite-éclair dans la matinée à Kaboul auprès des troupes françaises, le chef de l'Etat a réaffirmé que dans ce pays "se joue une partie de la liberté du monde" et "se mène le combat contre le terrorisme".

Il a défendu sa décision de renforcer le contingent français, annoncée en avril lors du sommet de l'Otan à Bucarest et considérée par la gauche comme un "alignement" sur les Etats-Unis. "Si c'était à refaire, je le referais".

Mais ces propos n'ont pas convaincu l'opposition, qui a décidé de hausser le ton au lendemain d'une journée surtout vouée à l'émotion.

"Il faut redéfinir la mission et lui fixer des objectifs précis", a estimé le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande.

Le député PS Pierre Moscovici a évoqué "une impasse militaire totale et durable". Il a plaidé pour une "réorientation de la stratégie" qui, de "purement militaire", devrait devenir "politique".

Sans "infléchissement", "on va dans le mur", a averti l'ex-ministre socialiste de la Défense Paul Quilès, appelant à porter l'effort "essentiellement sur le civil".

Dès mardi, le Parti communiste avait demandé un retrait des troupes. Pour le député (app-PCF) Jean-Pierre Brard, le "bourbier afghan" ressemble à "celui que la France a connu dans l'Algérie coloniale".

Le patron du PRG Jean-Michel Baylet a fait entendre un son de cloche différent. S'il souhaite comme ses alliés de gauche "un débat" au Parlement, c'est "pour réaffirmer solennellement le soutien de la Nation à ses soldats".

Dans ce climat plus tendu, le Premier ministre François Fillon a invité François Hollande à "respecter le temps du deuil".

Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, a jugé "indécent le début de polémique que certains membres de l'opposition entendent alimenter insidieusement".

Cependant, à droite aussi, quelques voix ont demandé un nouveau cap.

Pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout La République), sauf "changement radical" de la stratégie américaine, Paris doit "retirer ses troupes".

Philippe de Villiers, président du MPF, s'est interrogé "sur la pertinence des choix effectués" par la France au sommet de Bucarest.

Et, dans les rangs même de l'UMP, le député Pierre Lellouche a prôné "une remise à plat de la stratégie de l'Otan", qui "est en train d'échouer".

Face aux critiques et à la demande de "débat" de la gauche, le gouvernement a voulu calmer le jeu.

Les ministres Hervé Morin (Défense) et Bernard Kouchner (Affaires étrangères) "se tiendront évidemment" à "la disposition des commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat", a ainsi affirmé Roger Karoutchi.

M. Morin sera entendu par la commission Défense de l'Assemblée "lundi après-midi ou mardi matin", a indiqué son président, Guy Teissier (UMP).

Selon lui, une "mission" confiée à Pierre Lellouche et François Lamy (PS) sera créée "dès les premiers jours de septembre". Elle devra "évaluer" la situation sur le théâtre afghan.

Publié le: 21/08/2008 à 10:22:52 GMT Source : AFP
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