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Très affaibli, Bayrou va tenter de faire vivre son Mouvement démocrate
Le président du Mouvement démocrate François Bayrou, le 17 juin 2007 près de Pau (© AFP - Guillaume Bonnaud)
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PARIS (AFP) - François Bayrou, très affaibli avec seulement une poignée de députés, va tenter de faire vivre son nouveau Mouvement démocrate, avec l'espoir de se refaire une santé aux scrutins municipaux et cantonaux de 2008.
L'UDF-MoDem sort essoré des législatives, avec seulement quatre députés: François Bayrou et Jean Lassalle, réélus dans les Pyrénées-Atlantiques, et deux nouveaux élus, Thierry Benoit (Ille-et-Vilaine) et Abdoulatifou Aly (Mayotte).

Jean-Christophe Lagarde a pour sa part été réélu en Seine-Saint-Denis, où il avait été investi par le MoDem. Mais les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, qui ont formé le Nouveau Centre, s'attendent à ce qu'il rejoigne leur futur groupe, composé pour l'heure de 21 députés.

François Bayrou va en revanche se retrouver sans groupe parlementaire à l'Assemblée, alors que le nombre de députés UDF était de 29 dans la précédente législature.

Des critiques s'élèvent par ailleurs des rangs des sénateurs UDF. Jean Arthuis a estimé lundi que la "stratégie d'autonomie du centre a montré ses limites", et annoncé une réunion mardi soir visant à clarifier la position du groupe sénatorial "vis-à-vis du gouvernement et de François Bayrou".

Le leader centriste, qui savait que cette élection serait "la plus difficile" pour son nouveau parti, se retrouve confronté à une nouvelle traversée du désert malgré son score de 18,57% à la présidentielle, et l'intérêt suscité par le MoDem, qui revendique 78.000 demandes d'adhésion dont 42.000 confirmées (davantage que les 31.000 adhérents de l'UDF de janvier 2006).

Les fidèles de M. Bayrou expliquent ce paradoxe par l'absence de proportionnelle aux législatives.

"Nous demandons que très vite soit mise en place une réforme de la loi électorale qui permette une meilleure adéquation entre le vote des Français et le résultat à l'Assemblée nationale", a réaffirmé lundi Michel Mercier, président du groupe UDF au Sénat.

Mettant ce scrutin difficile derrière eux, les proches du leader centriste se projettent dans l'avenir.

"Nous allons travailler à la construction de ce mouvement, dont les Français reconnaissent qu'il doit être autonome, et préparer les prochaines échéances électorales", a indiqué la député européenne Marielle de Sarnez, bras droit de M. Bayrou.

Elle faisait référence à un sondage CSA selon lequel 63% des Français souhaitent que le fondateur du MoDem reste autonome, seulement 14% souhaitant qu'il se rapproche du PS, et 15% de la majorité présidentielle.

"Tous les rendez-vous électoraux qui sont devant nous sont désormais des rendez-vous pour le Mouvement démocrate", affirmait dimanche soir M. Bayrou, en allusion notamment aux élections municipales de 2008, au mode de scrutin proportionnel.

En ce qui concerne la rampe de lancement du MoDem, des "assises" sont prévues à la rentrée pour fixer les orientations du parti, censé rompre avec l'image de l'UDF trop ancrée à droite.

L'analyse du scrutin de dimanche montre d'ailleurs que les électeurs du MoDem au premier tour ont voté à 55% pour un candidat de gauche, et seulement à 28% pour un candidat de droite, selon CSA.

Ils ont donc joué un rôle non négligeable dans le renversement de tendance entre le premier et le deuxième tour des législatives, qui a donné une majorité moins forte que prévu à l'UMP.

Publié le: 18/06/2007 à 14:24:27 GMT Source : AFP
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