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La zone euro résiste au ralentissement mondial, du moins pour l'instant
Devant le siège de la Banque centrale européenne, le 6 juin 2007 à Francfort (© AFP/DDP/Archives - Martin Oeser)
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BRUXELLES (AFP) - La zone euro a bien résisté en début d'année au ralentissement économique mondial, affichant même une accélération de sa croissance, mais le reste de 2008 s'annonce plus difficile avec le pétrole cher et l'euro fort.
Selon une première estimation jeudi de l'office statistique européen Eurostat, le Produit intérieur brut a augmenté de 0,7% au premier trimestre 2008.

Après le coup de frein du quatrième trimestre 2007, où la croissance était tombée à 0,4%, l'embellie est plus forte qu'anticipé par les économistes.

L'Allemagne, première économie de la zone euro, y est pour beaucoup: elle a démarré l'année sur les chapeaux de roue avec une croissance robuste de 1,5% au premier trimestre, un record depuis douze ans dû notamment au bâtiment et à des investissements industriels très dynamiques.

D'autres pays européens ont annoncé jeudi un regain de croissance au premier trimestre, à 0,6% en France et 0,8% en Autriche.

"Vous accueillez ce matin un ministre de l'Economie qui se réjouit et qui jubile", a même commenté la ministre française de l'Economie Christine Lagarde sur la radio Europe 1.

La fête pourrait être de courte durée. Beaucoup d'économistes prédisent un ralentissement dès le deuxième trimestre.

La crise financière devrait peser pendant encore "plusieurs trimestres" sur l'économie mondiale, a estimé jeudi le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn.

"Les prochains six, ou peut-être neuf mois vont certainement être un test de résistance très intéressant pour l'économie européenne", a-t-il ajouté.

Dans certains pays, le ralentissement a déjà commencé.

Aux Pays-Bas, la croissance est tombée au premier trimestre à son plus bas niveau en trois ans (+0,2%).

L'économie espagnole est aussi en phase de ralentissement, avec une croissance au plus bas depuis 1995 (+0,3%) suite à un coup d'arrêt dans le secteur immobilier et à une moindre demande intérieure.

Et en Italie, "l'économie est peut-être même tombée en récession technique au premier trimestre", estime Jennifer McKeown, économiste chez Capital Economics.

Pour Holger Schmieding, de la Bank of America, "même l'Allemagne n'est pas complètement immunisée contre les taux de change", dont les variations se ressentent généralement sur l'économie avec un délai d'environ neuf mois.

L'euro a perdu de sa superbe ces dernières semaines, mais son dernier record, à 1,6019 dollar, remonte seulement au 22 avril.

Cela pourrait finir par peser sur les exportations européennes, surtout avec le ralentissement de l'important débouché américain.

"Les mauvaises nouvelles se multiplient maintenant", selon Howard Archer de Global Insight. Il évoque la diminution de la confiance des consommateurs et des milieux d'affaires, les ventes de détail décevantes et la baisse de la production industrielle en mars en zone euro.

La demande des ménages commence aussi à être source d'inquiétude, car la hausse des prix grignote le pouvoir d'achat.

Avec la flambée du pétrole et des denrées alimentaires, l'inflation reste "trop élevée" en zone euro selon le commissaire européen Joaquin Almunia, à encore 3,3% sur un an en avril après un record à 3,6% en mars.

Pour l'instant, la croissance affichée par la zone euro semble conforter le choix de la Banque centrale européenne, qui a préféré se concentrer sur les risques inflationnistes plutôt que sur les menaces pour l'activité économique.

"Les dernières données sur la croissance vont fournir des munitions supplémentaires aux faucons du conseil des gouverneurs de la BCE. Et avec l'inflation à un niveau élevé, il faudra probablement attendre encore plusieurs mois avant de voir des baisses de taux d'intérêt", selon Jennifer McKeown.

Publié le: 15/05/2008 à 15:36:13 GMT Source : AFP
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