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A Washington, Hu Jintao signe des contrats mais reste inflexible sur le yuan
WASHINGTON (AFP) - La visite d'Etat du président chinois Hu Jintao à Washington a été marquée par des signatures de gros contrats commerciaux mais n'a permis aucun progrès sur le dossier du yuan, une des priorités de Washington.
Alors que le président Barack Obama appelait la Chine à "ajuster" sa devise encore "sous-évaluée" pour faire en sorte que Pékin ne bénéficie pas "d'un avantage indu" sur les marchés internationaux, le président chinois ne lui a donné aucune assurance.

"La Chine continuera à encourager une réforme du taux de change du renminbi (le nom officiel de sa monnaie) et à renforcer la flexibilité du taux de change", indique simplement le communiqué commun publié à l'issue de la rencontre des deux hommes à la Maison Blanche.


Les discussions entre MM. Hu et Obama n'ont "pas modifié pour l'essentiel" la politique de Pékin concernant le yuan, a confirmé peu après le ministre adjoint des Affaires étrangères chinois, Cui Tiankai.

Pour Elizabeth Economy, spécialiste de l'Asie au centre de recherche Council on Foreign Relations (CFR), "le président Hu n'a rien donné, mais personne ne s'attendait à une percée. La Chine évoluera à son propre rythme sur cette question, en tenant compte de ce qu'elle perçoit comme ses propres intérêts économiques".

Signe de la frustration de l'administration américaine sur ce dossier, l'assistant au secrétaire au Trésor chargé de la finance internationale, Charles Collyns, a condamné une nouvelle fois jeudi la politique de Pékin alors que M. Hu se trouvait encore à Washington.

La rigidité du yuan est un problème non seulement pour les Etats-Unis, mais aussi pour des pays contraints de résister à l'appréciation de leur monnaie, a-t-il expliqué. Elle fait "supporter des coûts élevés à d'autres économies émergentes qui ont un taux de change plus souple".

Comme toujours lors de visites de chefs d'Etat, les deux pays ont annoncé de nombreuses signatures de contrats, dans lesquels l'administration de M. Obama a vu 45 milliards de dollars de commandes chinoises à l'industrie américaine et la sauvegarde de quelque 235.000 emplois américains.

Parmi les principaux bénéficiaires de ces contrats, on trouve le constructeur aéronautique Boeing, le fabricant d'engins de chantier Caterpillar, le conglomérat industriel General Electric ou encore le producteur d'aluminium Alcoa.

Même si ce type d'annonces est fréquent lors de ce genre de sommet, l'ampleur des contrats annoncés mercredi montre la profondeur des liens économiques entre les deux pays, selon Yukon Huang, du Carnegie Endowment for International Peace.

"Cela n'a rien d'étonnant, mais c'est très important compte tenu du contexte politique entre les Etats-Unis et la Chine", explique cet expert de l'Asie.

"Les déséquilibres commerciaux et les frictions en termes d'emplois et d'accès aux marchés sont les plus gros sujets d'inquiétudes pour les deux pays à l'heure actuelle", ajoute M. Huang. "Ils essaient donc de mettre l'accent sur ce qu'ils ont en commun".

Pourtant, souligne Mme Economy, rien ne dit que ces contrats vont effectivement sauver des emplois américains, car ils ont probablement été accompagnés de clauses d'échanges de technologies qui permettront à la Chine de concurrencer rapidement les entreprises concernées.

"Combien de temps Boeing va-t-il conserver des emplois aux Etats-Unis s'il partage sa technologie et s'il construit des usines en Chine?", s'est demandée l'experte du CFR.

Publié le: 21/01/2011 à 10:01:13 GMT Source : AFP
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