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"Vicky Cristina Barcelona": Woody au pays des castagnettes
Les actrices Penelope Cruz et Scarlett Johansson avec le réalisateur Woody Allen, le 4 août 2008 à Westwood (Californie) (© AFP/Getty Images/Archives - Kevin Winter)
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PARIS (AFP) - Dans sa comédie légère "Vicky Cristina Barcelona" qui sort mercredi en France, Woody Allen fait de Scarlett Johansson et Penelope Cruz des rivales dans le coeur d'un "latin lover" espagnol, un pur fantasme féminin incarné avec auto-dérision par Javier Bardem.
Après sa trilogie londonienne -- le grand succès "Match Point" puis "Scoop" et "Le rêve de Cassandre", souvent jugés mineurs -, Allen a posé sa caméra à Barcelone à l'invitation d'un producteur local, pour cette fantaisie qui réunit son égérie Johansson et deux Espagnols exilés à Hollywood, Cruz et Bardem.

"Vicky Cristina Barcelona" a été dévoilé -- et chaleureusement accueilli -- en mai au Festival de Cannes où il était montré hors compétition, comme avant lui neuf autres films du cinéaste new-yorkais, âgé de 72 ans.

L'intrigue et le décor sont plantés avec rapidité, voire désinvolture, par une voix off.

Deux jeunes femmes originaires des Etats-Unis, la brune et très sérieuse Vicky (Rebecca Hall) et la blonde et très délurée Cristina (Scarlett Johansson), amies proches, passent l'été dans la capitale catalane.

Dans la ville au romantisme quasi accablant dépeinte par Allen, à grand renfort d'airs de guitare, de jardins luxuriants et de façades baroques signées Gaudi, les deux filles rencontrent Juan Antonio (Javier Bardem), un peintre torturé par la séparation d'avec sa femme, Maria Elena (Penelope Cruz).

Séduit par Vicky autant que par Cristina, le bellâtre les invite d'emblée toutes deux dans son lit, mais seule Cristina mord à l'hameçon.

Juan Antonio et elle entament alors une liaison, bientôt contrariée par la réapparition de Maria Elena.

Violente, artiste passionnée et femme férocement jalouse, Maria Elena tente tout d'abord de ravir "son" homme à sa rivale, avant que le trio ne trouve un véritable eden... dans l'amour à trois.

Très en forme, les acteurs de "Vicky Cristina Barcelona" jouent avec les clichés de la comédie romantique, tandis que la mise en scène de Woody Allen joue du second degré dans une foule de savoureux clins d'oeil.

Habitué des scènes d'amour pudiques et dénuées d'érotisme, Allen sabote gaiement celles de "Vicky Cristina Barcelona".

Ainsi lorsque Johansson et Bardem roulent sur le sol de la cuisine, enlacés dans une étreinte torride, la caméra glisse-t-elle le long des corps, avant de s'arrêter... sur leur reflet dans la porte vitrée du four.

La chanson pop, mièvre et acidulée qui émaille la bande son est signée par Giulia y los Tellarini : Allen l'a choisie sur le CD de leur premier album, déposé à tout hasard par ces jeunes musiciens à la réception de son hôtel.

Les moments les plus comiques de "Vicky Cristina Barcelona" sont de brillantes joutes oratoires où Maria Elena alias Penelope, en furie, prend le pouvoir sur sa rivale en s'adressant en espagnol -- dont Cristina-Scarlett ne comprend pas un mot --, à leur amant commun.

Penelope Cruz y laisse exploser son tempérament sanguin, et fait alors penser à la grande tragédienne Anna Magnani, la puissance comique en plus.

Publié le: 06/10/2008 à 09:49:22 GMT Source : AFP
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