| Vente de sites Airbus: les salariés français se mettent en grève |
| TOULOUSE (AFP) - Les salariés d'Airbus en France ont entamé jeudi matin un mouvement de grève destiné à protester contre le manque d'équité observé selon eux par leur direction dans le processus de cessions de plusieurs sites en Allemagne et en France. |
Plus de 1.500 salariés d'Airbus se sont mobilisés jeudi matin devant les trois sites de Saint-Nazaire et Nantes pour protester contre la différence de traitement entre salariés allemands et français, selon les syndicats.
Selon le syndicat Force ouvrière, majoritaire à Airbus, la grève est suivie à 80% dans les usines toulousaines d'Airbus, dont les entrées ont été bloquées tôt dans la matinée par des syndicalistes distribuant des tracts, et sur le site de Méaulte (Somme), devant être repris par le groupe Latécoère.
La direction d'Airbus évaluait pour sa part en milieu de matinée le taux de grévistes à 60 % dans ses usines de Toulouse, à 65% à Méaulte, 50% à Saint-Nazaire, et 40% à Nantes. Elle faisait également état de manifestations regroupant au total quelque 1.500 manifestants devant les usines toulousaines.
L'intersyndicale d'Airbus France avait appelé mardi à Toulouse à une grève de quatre heures jeudi matin sur l'ensemble des usines françaises de l'avionneur européen, mais les salariés de Méaulte ont maintenu leur mot d'ordre de grève de deux jours, jeudi et vendredi.
Les syndicats protestent contre la décision de la direction d'Airbus de filialiser à 100% trois de ses sites allemands au lieu de les vendre, comme il était initialement prévu dans le plan d'économie Power8, à l'instar de Méaulte et d'une partie de Saint-Nazaire, et du site britannique de Filton.
Ce mouvement a été lancé "pour dire non à l'inéquité de traitement entre la France et l'Allemagne, notamment sur la question des ventes de sites", a déclaré à l'AFP Jean-François Knepper, délégué syndical central Force ouvrière d'Airbus France, devant l'entrée de l'usine Louis-Bréguet à Colomiers, près de Toulouse.
"Il n'y a pas de raison que l'industrie française, fondatrice de l'industrie aéronautique européenne, se démantèle, se destructure", a-t-il estimé, alors que quelques centaines de salariés bloquaient l'entrée de l'usine, provoquant de sérieux embouteillages. "En Allemagne, tout le corps social, politique, industriel est uni devant cette cause nationale que sont l'emploi et la défense de l'industrie. Manifestement en France nos dirigeants sont très forts pour faire des promesses pendant la campagne électorale, mais s'endorment sur leurs promesses une fois qu'ils sont élus", a-t-il ajouté.
"Nous demandons que Saint-Nazaire et Méaulte restent dans Airbus", a ajouté M. Knepper, annonçant qu'un représentant de la direction, probablement Louis Brégier, directeur général d'Airbus, devrait recevoir mardi l'intersyndicale. Louis Gallois, le président exécutif d'EADS, la maison mère d'Airbus, recevra pour sa part les représentants des cinq fédérations de la métallurgie française, a-t-il indiqué.
"La mobilisation est forte, aussi forte que l'an passé", lorsque a été annoncé le plan des restructuration Power8, a estimé de son côté Françoise Vallin, déléguée syndicale centrale CFE-CGC, second syndicat d'Airbus. "C'est un vrai ras-le-bol. Les salariés se posent des questions sur leurs dirigeants. Ils manquent de visibilité sur la stratégie (...) Il y a vraiment quelque chose qui est rompu entre le haut management de la direction et, derrière, les cadres et salariés de cette entreprise", a-t-elle affirmé.
"Quand vous prenez des mesures, aussi difficiles soient-elles pour les salariés, elles doivent l'être autant pour les salariés en France, en Angleterre qu'en Allemagne", a-t-elle ajouté.
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| Publié le: 24/04/2008 à 09:17:55 GMT |
Source : AFP |
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