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USA: malgré les remises d'impôt, la consommation semble s'essouffler
Un étal de légumes à New York, le 16 juillet 2008 (© AFP/Getty Images - Chris Hondros)
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WASHINGTON (AFP) - La consommation donne des signes d'essoufflement aux Etats-Unis, les ménages plébiscitant les enseignes discount mais évitant toute dépense superflue alors que l'effet des chèques de remise d'impôts commence déjà à s'affaiblir.
Les premiers chiffres disponibles pour juillet ont révélé ces derniers jours une performance décevante aux yeux des analystes, qui rappellent que la consommation représente en temps normal plus des deux tiers de la croissance américaine.

Jeudi ainsi, le Conseil international des centres commerciaux (ICSC) a annoncé que les ventes des chaînes de magasins (comme Wal-Mart ou Gap par exemple) avaient progressé de 2,6% en juillet. C'est une performance conforme aux attentes, puisque l'ICSC tablait sur une hausse comprise entre 2 et 3%.


Mais le détail du rapport révèle une dichotomie frappante entre les magasins discount d'une part et les enseignes ne relevant pas strictement de la première nécessité d'autre part.

Alors que le géant de la distribution Wal-Mart a pu afficher une hausse de 3% de ses ventes, ailleurs la performance a été plus que morose: les magasins spécialisés dans l'habillement ont vu leur chiffre d'affaires baisser de 5,5%, ceux d'ameublement de 10%, et les grands magasins de 5,7%.

Ces chiffres sont d'autant plus décevants que le secteur aurait dû être dopé en juillet par les opérations "hors TVA" organisées dans différents Etats, qui permettent aux consommateurs d'échapper à la taxe locale pendant une dizaine de jours.

Ils viennent renforcer les inquiétudes suscitées par le secteur automobile, qui a annoncé la semaine dernière avoir de nouveau enregistré des ventes exécrables en juillet aux Etats-Unis (-13,2% sur un an).

Dans ce paysage morose, Wal-Mart a donné une explication simple à sa bonne performance: le groupe "continue à être compétitif sur les prix, répondant ainsi à l'attente de ses clients dans une économie difficile", selon le PDG Eduardo Castro-Wright.

Les consommateurs voient en effet leur pouvoir d'achat rogné de tout côté, entre hausse drastique des mensualités des prêts immobiliers et bond fulgurant des prix de l'essence.

Pour contrer cette tendance, Washington pensait avoir trouvé la parade en lançant un plan de relance de 168 milliards de dollars qui s'est traduit par l'envoi de chèques conséquents de remises d'impôts.

Mais les résultats n'ont pas été à la hauteur des espérances.

"Les remises d'impôts réussissent à peine à contrer les tendances négatives qui sont à l'oeuvre", note l'économiste indépendant Robert Brusca.

Depuis le mois d'avril, date où les premiers chèques ont été envoyés, aucun sursaut spectaculaire de la demande n'a été observé, et les économistes redoutent que les mois à venir ne soient pires.

"Nous sommes inquiets pour les perspectives de consommation à court terme", affirment les analystes de Deutsche Bank dans une note d'analyse.

"La hausse des salaires ne suit pas l'inflation, le chômage risque d'augmenter jusqu'à la fin de l'année au moins et le coup de fouet donné à la consommation par plan de relance commence à s'estomper", ajoutent-ils.

C'est un scénario inquiétant pour la croissance, qui a réussi à atteindre 1,9% au deuxième trimestre (en rythme annuel) mais risque de retomber d'ici la fin de l'année.

Beaucoup d'économistes prévoient une stagnation, voire une contraction de la croissance au quatrième trimestre.

Ces inquiétudes, qui ont déjà conduit la banque centrale à maintenir son taux directeur au niveau extrêmement bas de 2% mardi, sont aussi de nature à renforcer les arguments des partisans d'un second plan de relance, en dépit du faible impact du premier.

Publié le: 07/08/2008 à 18:47:34 GMT Source : AFP
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