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Urbanisme commercial: Leclerc pour une réforme plus "radicale"
Michel-Edouard Leclerc, PDG du groupe de grande distribution du même nom, le 6 décembre 2007, dans un magasin Leclerc d'Ivry-Sur-Seine (© AFP/Archives - Martin Bureau)
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PARIS (AFP) - Michel-Edouard Leclerc a affirmé dimanche que le projet de loi de modernisation de l'économie n'était pas assez "radical" en matière d'implantation commerciale pour pouvoir faire baisser les prix grâce à plus de "concurrence", tout en estimant qu'un "lobbying d'enfer" allait s'exercer à son encontre.
"Sur la partie du projet qu'on appelle urbanisme commercial, j'aurais été pour une réforme beaucoup plus radicale", a déclaré le patron des centres Leclerc, invité du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

"La loi crée un secteur libre sans besoin d'autorisation au-dessous de 1.000m2, au-delà on entre dans un secteur administré avec un pouvoir accru des élus", a rappelé M. Leclerc.


"Je ne comprends pas ce que les élus viennent faire là-dedans en terme de concurrence, ce ne sont pas les mieux placés pour choisir quelles sont les enseignes les plus favorables aux consommateurs", a-t-il estimé.

En outre, "un secteur libre limité à 1.000 m2, ce n'est pas ça qui va faire baisser les prix, le projet est, là, très bancal", a-t-il poursuivi jugeant que cela allait faire débat au Parlement.

Le projet de loi de modernisation de l'économie vise notamment à faire baisser les prix en augmentant la concurrence et en autorisant la libre négociation des tarifs entre distributeurs et industriels. Il sera débattu à l'Assemblée nationale à partir du 27 mai.

M. Leclerc a réaffirmé que si ce texte était voté en l'état, il permettrait de "diviser par deux l'inflation au 2e semestre" 2008.

Il a dit s'attendre à de nombreux amendements, évoquant le "lobbying d'enfer" des industriels et des agriculteurs, qui plaident pour obtenir des garanties face aux distributeurs.

Se défendant lui-même d'exercer des pressions, il a affirmé: "Moi je n'ai pas de cabinet de lobbying, de personnes qui travaillent comme le font la FNSEA ou le corps pharmaceutique auprès des députés".

Interrogé pour savoir s'il pensait obtenir gain de cause pour vendre des médicaments non remboursés en grande surface, après avoir été autorisé à reprendre sa campagne publicitaire, Michel-Edouard Leclerc a répondu par l'affirmative. "A partir du moment ou les gouvernements ont accepté de dérembourser des médicaments, ça impacte le pouvoir d'achat des patients", a-t-il dit.

Quant à convaincre la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, il a estimé que "même si elle était convaincue de la qualité de (son) discours elle ne peut pas se mettre à dos les 23.000 officines et leurs syndicats qui font le siège de la rue de Ségur", en rappelant qu'elle était elle-même pharmacienne.


Revenant sur la première année de Nicolas Sarkozy à la tête de l'Etat, M. Leclerc a reconnu que les Français avaient pu être "irrités par son style", mais s'est dit persuadé qu'ils "voulaient des réformes".

"Les Français savent très bien qu'il faut réformer l'appareil d'Etat", a-t-il dit en évoquant la "rationalisation des hôpitaux, des tribunaux" et de l'armée.

"Vu l'endettement public, il faut trouver de nouvelles marges de manoeuvre, ce qui veut dire casser l'appareil d'Etat", a-t-il ajouté.

Publié le: 11/05/2008 à 19:46:34 GMT Source : AFP
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