| Torah, Gainsbourg et marijuana au Woodstock juif religieux en Cisjordanie |
| BAT AYIN (Cisjordanie) (AFP) - Un groupe joue du reggae devant une grande étoile de David, un chanteur entonne un hymne à Israël de Serge Gainsbourg avant qu'un rabbin ne prêche un retour à la foi dans un nuage de fumée: bienvenue au Woodstock religieux dans une colonie de Cisjordanie. |
Un millier de personnes participe à la 8ème édition du "Festival de la Fin des temps" dans une forêt de pins du bloc de colonies de Goush Etzion, envahi le temps d'une nuit d'été par une foule bigarrée de jeunes religieux portant des kippas et de hippies aux ponchos multicolores.
"Ce festival me donne des forces spirituelles" explique Elisheva, une jeune fille de 16 ans, venue de Jérusalem. "Il y a des étincelles de sainteté dans l'air", raconte-t-elle d'un air extatique. Près d'elle, des adolescents fument des narguilés assis sur des tapis en balançant la tête au son de la musique.
Un rideau est censé séparer les danses des filles et des garçons mais à la faveur de l'obscurité, les groupes oublient les interdits religieux et se mélangent rapidement.
"Remercie Dieu toute la journée", scande, telle une litanie, le chanteur Yeouda Leuchter.
Le festival, présenté comme un "rassemblement spirituel unique", se veut le lieu de rencontre entre les colons radicaux campant dans des avant-postes illégaux parsemés en Cisjordanie et des juifs laïcs, fraîchement rentrés d'un voyage spirituel en Inde après leur service militaire.
Dans les stands installés dans la forêt, on peut aussi acheter des tissus indiens, des bijoux et des disques des formations présentes.
Un peu plus loin, un couple fabrique son pain, dans un four rudimentaire et propose des salades et du fromage maison pour un prix modeste.
Les organisateurs, les Leuchter, ont créé ce Festival de musique juive à la mémoire de leur père, un musicien décédé en 1994.
"Notre message est un message d'union entre les différentes parties du peuple juif, tous ensemble, nous pouvons hâter la rédemption", lance angélique Raphaël Barkatz, 25 ans, saxophoniste d'origine parisienne.
Moshé Karo, 57 ans, un immigré de La Réunion, monte alors sur scène pour chanter un morceau peu connu de l'artiste français Serge Gainsbourg, "Le sable et les soldats", dont les droits ont été offerts en 1967 à l'Etat d'Israël.
"Oui, je défendrai le sable d'Israël, la terre d'Israël, les enfants d'Israël, quitte à mourir pour le sable d'Israël", entonne-t-il en français avant de traduire en hébreu. "La musique est une forme de prière vers Dieu", souffle le chanteur.
A la faveur de la nuit, après le départ des familles et des rares adultes, des couples se forment et une odeur de marijuana se répand dans l'air.
Pour Yocheved, 25 ans, venue de Jérusalem avec un groupe d'amis, cette soirée est l'occasion de faire des rencontres.
"Il y a une ambiance géniale, la musique est bonne, c'est le bonheur", dit-elle avant de s'emparer d'un tambourin pour tenter de suivre le rythme des musiciens sur la scène.
Mais, les rabbins veillent: Michi Yossefi, véritable gourou des jeunes colons, s'empare du micro et prêche le respect des valeurs religieuses juives aux jeunes qui boivent ses paroles, les yeux grands ouverts.
Les boucles d'oreilles des garçons et les jupes courtes des filles ne l'effraient pas, il a vécu en Inde et veut tenter de ramener à la foi les brebis égarées.
Le jour pointe. Les musiciens rangent leurs instruments et entament la prière quotidienne du matin alors qu'au loin les collines flamboient au soleil levant.
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| Publié le: 03/07/2007 à 11:28:24 GMT |
Source : AFP |
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