| Le G8+5 tire la sonnette d'alarme sur la destruction de la biodiversité |
| BERLIN (AFP) - Les ministres de l'Environnement du G8 et de cinq pays émergents ont tiré la sonnette d'alarme sur la destruction de la biodiversité et ont pris des engagements dans une "Initiative de Potsdam", vendredi lors d'un sommet à Potsdam, près de Berlin. |
"Nous effaçons la mémoire de la nature: 150 espèces disparaissent chaque jour, soit à un rythme mille fois plus rapide que dans l'histoire de la nature", a lancé le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel, lors d'une conférence de presse.
Ce phénomène menace les bases de notre économie --dont 40% du commerce est directement lié aux matières premières--, notre prospérité et notre sécurité sociale, et renforce la pauvreté, a souligné M. Gabriel, dont le pays assure la présidence annuelle du G8 et de l'Union européenne au premier semestre 2007.
Pour lutter contre les conséquences "dramatiques" de cette destruction, les ministres du G8 (Italie, Allemagne, France, Canada, USA, Japon, Russie, Grande-Bretagne), de Chine, d'Inde, du Mexique, d'Afrique du Sud et un responsable du Brésil ont lancé une "initiative de Potsdam", dont l'AFP a obtenu copie.
Ils appellent de leurs voeux la rédaction d'un rapport sur la valeur économique mondiale de la biodiversité et le coût de sa destruction et de l'absence de mesures de protection.
Ce rapport, "sur le modèle de celui de l'économiste Nicholas Stern" sur l'impact économique du réchauffement climatique, doit voir le jour avant le sommet du G8, du 6 au 8 juin à Heiligendamm (nord de l'Allemagne), a précisé M. Gabriel.
Les ministres, réunis jusqu'à samedi dans le château de Cecilienhof, se sont aussi engagés à renforcer le travail scientifique sur la biodiversité, à sensibiliser l'opinion publique et à lutter contre le commerce illégale d'animaux et de plantes.
"L'initiative de Potsdam" insiste aussi sur la nécessité de mener de front les deux combats, contre le réchauffement climatique et contre la destruction de la biodiversité.
M. Gabriel a cité comme exemple de cette interdépendance la forêt amazonienne. Selon lui, une étude a révélé que la température pourrait augmenter de huit degrés Celsius en Amazonie, ce qui assècherait les sources d'eau et mettrait fin à la capacité de la forêt d'absorber une partie importante du dioxyde de carbone de la planète.
Sur le modèle du commerce des émissions de CO2, les ministres souhaitent développer un mécanisme de régulation du marché autour de la biodiversité, selon le texte de l'initiative.
Un autre objectif important est l'intensification de la protection des zones menacées et de la recherche scientifique sur les fonds marins. "46% des espèces de poisson sont en voie de disparition, dans quelques dizaines d'années, il n'y aura plus de pêche commerciale", ce qui signifie la perte du moyen de survie de millions de personnes, a souligné M. Gabriel.
Le ministre allemand et le président du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) Achim Steiner ont par ailleurs salué les efforts de la Chine et de l'Afrique du Sud qui ont agrandi leurs zones de protection de la nature, ainsi que ceux du Brésil qui a réduit de 52% sa déforestation.
La journée de samedi devrait être consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique, l'occasion de sonder le terrain avant le sommet du G8 et le lancement des négociations à Bali en décembre sur l'après-protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de CO2, qui prend fin en 2012.
Un enjeu majeur sera de tenter de convaincre les Etats-Unis, qui n'ont pas ratifié Kyoto, et les pays émergents, de s'associer à un objectif ambitieux de réduction des gaz à effet de serre.
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| Publié le: 16/03/2007 à 16:06:28 GMT |
Source : AFP |
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