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Thaïlande: la tension politique remonte à Bangkok, 85 blessés près du Parlement
Un policier thaïlandais tire une grenade lacrymogène pour disperser des manifestants, le 7 octobre 2008 à Bangkok (© AFP - Pairoj)
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BANGKOK (AFP) - La police thaïlandaise a fait abondamment usage de gaz lacrymogènes pour tenter de disperser des manifestants antigouvernementaux mardi autour du Parlement à Bangkok, blessant au moins 85 personnes, dont neuf sérieusement, selon la police et les services de secours.
Les protestataires d'obédience royaliste ont réussi à couper brièvement l'alimentation électrique au Parlement, entraînant un "black-out" dans certains bâtiments et forçant les autorités à recourir à des générateurs, a indiqué une correspondante de l'AFP.

Des images de télévision ont montré des policiers en train de procéder à des tirs tendus de gaz lacrymogènes.

A deux reprises, en moins de cinq heures, les forces de l'ordre ont tenté, en vain, de disperser des milliers de manifestants, mais des incidents se poursuivaient en milieu de journée dans la capitale thaïlandaise.

"La police a dû disperser les protestataires en tirant des gaz lacrymogènes afin de permettre aux députés d'entrer au Parlement", a déclaré le général Anan Srihiran de la police de Bangkok.

Les manifestants avaient commencé à faire le siège du Parlement lundi soir pour tenter d'empêcher le nouveau Premier ministre Somchai Wongsawat de présenter aux députés la politique de son gouvernement.

M. Somchai, 61 ans, a prononcé mardi son discours, boycotté par les parlementaires de l'opposition, qui ont dénoncé une "utilisation excessive de la force" contre des "manifestants pacifiques".

Les incidents ont éclaté tôt dans la matinée lorsqu'un millier de policiers ont cherché à reprendre le contrôle d'une avenue, bloquée par des barricades, et se sont heurtés à quelque 2.000 manifestants, a déclaré un responsable de la police.

Moins de cinq heures plus tard, quelque 4.500 policiers étaient mobilisés pour venir à bout d'un nombre équivalent d'opposants, et de nouveaux tirs de gaz lacrymogènes étaient signalés autour de la Royal Plaza, non loin du Parlement.

Au moins 85 personnes ont été hospitalisées, dont neuf sont dans un état sérieux, a indiqué à l'AFP Nanthana Mesprasart, responsable d'un centre médical d'urgence. Un homme a perdu le pied gauche et un journaliste local a été blessé, a-t-elle précisé.

Selon des médias thaïlandais, la reine Sirikit a fait un don de 100.000 bahts (2.200 euros) pour couvrir une partie des dépenses des blessés.

Les manifestants appartiennent à "l'Alliance du peuple pour la démocratie" (PAD), cette coalition hétéroclite d'opposants qui occupe depuis le 26 août le siège du gouvernement à Bangkok.

La PAD, qui compte parmi ses dirigeants des hommes d'affaires, d'anciens officiers et des syndicalistes, a juré de poursuivre son mouvement de protestation tant que le Parti du pouvoir du peuple (PPP) serait au gouvernement.

Le PPP est dominé par des alliés de Thaksin Shinawatra, qui a gouverné la Thaïlande de 2001 à 2006 avant d'être renversé par des généraux royalistes et de se réfugier en Grande-Bretagne à la suite d'accusations de corruption.

Somchai Wongsawat n'est autre que le beau-frère de M. Thaksin. Il a été élu Premier ministre par le Parlement le 17 septembre, en remplacement de Samak Sundaravej, contraint de démissionner après avoir été la cible des manifestants de la PAD et d'un jugement défavorable de la Cour constitutionnelle.

La tension politique a commencé à remonter en Thaïlande lorsque deux leaders de la PAD, Chaiwat Sinsuwong et Chamlong Srimuang, ont été arrêtés séparément vendredi et dimanche. Au total, neuf responsables de la PAD font l'objet de mandats d'arrêt pour "insurrection" et "trahison".

Le PPP a pris la tête du gouvernement à l'issue des législatives du 23 décembre 2007, premières élections depuis le putsch contre M. Thaksin qui a demandé l'asile politique à Londres.

Publié le: 07/10/2008 à 06:20:46 GMT Source : AFP
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